Institut des Territoires Coopératifs

12 mai – lâcher prise et liberté

20 kms entre Saint Germain Lembron et Neschers

Le protocole de l’Observatoire de l’Implicite prévoit, avant la journée de travail avec un collectif, un temps informel de rencontre avec les personnes avec lesquelles nous allons explorer l’implicite. Ce temps est important : il permet de créer le lien, de découvrir nos projets respectifs, de prendre en compte les contraintes des uns et des autres et de préparer le cadre de la rencontre du lendemain, prévue pour durer la journée.

Bien sûr, il arrive que les choses ne se passent pas comme prévu ! Avant-hier, lors de notre arrivée à la Licorne, seul Damien est présent et disponible pour nous accueillir. Avec lui, nous visitons le lieu et Damien nous présente la Licorne, et toutes ses activités. Il nous annonce aussi la grande incertitude qui règne quant à la rencontre du lendemain : en fait, nous ne savons pas vraiment qui sera là…

Le lendemain matin, 7 personnes, salariés et bénévoles, sont là. Comme nous n’avons pu le faire la veille, nous commençons pas présenter la  démarche de l’observatoire de l’implicite pour éclairer les rouages profonds de la coopération, et notre approche du développement rural par la coopération. Nous sentons un certain scepticisme, et la moitié des participants nous annoncent qu’ils ne pourront rester l’après-midi…

Et puis, après une petite pause vers 11h, ces personnes nous disent d’être organisées afin finalement de pouvoir rester. Mise à part l’un des participants qui avait une contrainte incontournable que nous avions prise en compte, nous terminons le protocole tous ensemble.

Cette situation que nous avons vécue à la Licorne n’a absolument rien d’extraordinaire. En fait, c’est ainsi bien souvent. Nous racontons souvent l’épisode lors d’une autre itinérance où nos hôtes nous accueillent le soir en nous disant « Nous sommes venus vous dire que nous ne viendrons pas ! »… Et la rencontre très intéressante que nous avons eu ensemble le lendemain !

Pour coopérer, chacun doit pouvoir construire le sens de ce qui lui est proposé, et avoir son propre espace de décision. Permettre à l’autre de prendre cet espace requiert de notre part, de n’avoir aucun enjeu résultant de sa décision, d’opérer un réel lâcher prise, et de prendre les choses comme elles adviennent. C’est ce qui permet de respecter le besoin de l’autre, de protéger son espace de décision, sans jamais chercher à le convaincre : nous faisons une proposition, à l’autre de décider s’il l’accepte, ou non. 

Dans leur retour final, les participants de la Licorne ont explicitement dit qu’ils avaient eu l’impression, lors d’autres rencontres qualifiées « d’audit », « d’entrer dans un système d’endoctrinement, dans une trame qui se déroule, qui cherche à convaincre, que l’on rejette presque au départ et qui empêche de suivre le cours des débats ».

Pas de coopération sans décision. Pas de décision sans espace laisser à l’autre pour construire sa décision. Une belle illustration de la dialogie « entre la place qu’on prend et la place qu’on laisse ».

Quelques images sur le chemin :

  • Quelques images de la Licorne
  • Château de Chalus, du Pentier, de Villeneuve-Lembron
  • Le vent dans les blés
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Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt