Institut des Territoires Coopératifs

14 mai – Ilots Paysans

Saint Amant Tallende (Puy de Dôme) – Rencontre avec les acteurs de Ilots Paysans

Son action

Extraits du site https://reneta.fr/ :

Ilots paysans est un projet collectif, réunissant un ensemble d’acteurs (agriculteurs, associations, coopératives, citoyens et collectivités locales) qui œuvre pour un milieu rural vivant en favorisant le test d’activités, notamment agricoles, par l’animation d’un espace-test en archipel sur l’Auvergne. Concrètement, l’association Ilots Paysans accompagne les porteurs de projets agricoles qui souhaitent tester le métier d’agriculteur à échelle le plus réel possible et dans un dispositif sécurisant et accompagné. Ilots Paysans agit dans les 4 départements d’Auvergne pour accompagner les candidats à l’installation agricole, ainsi que des paysans qui cherchent à céder leur ferme ou accueillir du test sur leur ferme.

Îlots paysans propose aux porteurs de projet:

  • Un accompagnement personnalisé, intégrant des temps individuels et collectifs sur les aspects techniques, humains, et de gestion de projet.
  • Une pépinière : mise à disposition de foncier et de matériel en s’appuyant sur un ensemble d’agriculteurs et de collectivités prêtes à les accueillir sur des terrains équipés pour le test.
  • Une couveuse : qui permet la mise à disposition d’un statut adéquat allant du stage à l’hébergement juridique de l’activité par une coopérative d’activité et d’emploi.

La particularité d’Îlots paysans est un espace-test en archipel. Ce qui veut dire qu’il est composé de plusieurs lieux-test, répartis sur l’ensemble de l’Auvergne. Actuellement, les productions testées sont en arboriculture (St Amant Tallende), en poules pondeuse (Yronde), en maraichage (Pérignat sur allier), chévres et transformation fromagère (St Menoux).

Nous sommes aujourd’hui à Saint Amant Tallende, autour d’un verger qui accueille en ce moment 2 porteurs de projet en arboriculture.

Ce qu’ils retiennent de la journée

Des résonances avec nos travaux

Avec tous les collectifs que nous rencontrons désormais, nous reprenons dans notre journal d’itinérance trois points clés que la rencontre a permis d’explorer et de questionner.

La rencontre avec Ilots Paysans est particulièrement éclairante sur le lien étroit entre processus de coopération et processus d’apprentissage. La manière dont Ilots Paysans construit son processus d’accompagnement des porteurs de projet est un vrai processus coopératif. Nous aimons citer Eloi Laurent dans son ouvrage « L’impasse collaborative » (Éditions Les Liens qui libèrent) : « On coopère pour connaître. L’œuvre collective que vise la coopération est la connaissance commune, le plus précieux des biens humains. Parce que coopérer, c’est apprendre à connaître ensemble, la coopération transforme les humains en pédagogues les uns pour les autres. »

Deuxième enseignement que nous tirons de la rencontre: nous sommes dans un environnement où l’échec n’existe pas. Par construction, il ne peut y avoir d’échec puisque le but de l’accompagnement est d’amener un porteur de projet à choisir : Est-ce-que je suis fait pour ce métier, et prêt à l’exercer ou non ? Les accompagnants d’Ilots Paysans ne se mettent aucun enjeu autre que d’amener le porteur de projet à construire sa réponse, qu’elle soit positive ou qu’elle soit négative. En ce sens, toute pensée, toute idée, tout événement ou aléa sont utiles puisqu’ils permettent de construire cet espace de liberté, d’autonomie et de responsabilisation du porteur de projet. Le processus d’accompagnement d’Ilots Paysans est très proche de celui de l’Observatoire de l’Implicite (voir par exemple la chronique d’avant hier « lâcher prise et liberté« ). Il est construit autour de plusieurs principes d’action de la coopération, et notamment la place prise par l’accompagnant et celle laissée au porteur de projet, l’importance du processus de questionnement, et l’espace de transformation personnelle autour des questions de responsabilité et de choix.

Enfin, Ilots Paysans et un système en archipel, lui-même organisé dans un écosystème multi-acteurs et multi-partenaires, à chaque fois réinventé de manière plus organique que planifiée : Sur ce site, le foncier est mis à disposition par Terre de Liens, le portage des entrepreneurs par la CAE Naturascoop, certaines fonctions d’accompagnement par le CREFAD, les locaux par la communauté des communes… Sur un autre site, un autre système sera en place. Faire vivre de tels écosystèmes d’acteurs implique de développer sa maturité coopérative pour pouvoir développer la « coopération ouverte » : aptitude inconditionnelle à la coopération, qu’elles que soient les personnes et les situations.


Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt