Institut des Territoires Coopératifs

15 octobre 2018 – Coopélis

15 octobre, Auvillers-les-forges – Rencontre avec les acteurs du Groupe d’Economie Solidaire :

Coopélis

Son action

Un GES est un groupement d’entreprises solidaires liées par un projet collectif de contribution à la création d’activités économiques sur le territoire. Les GES se composent notamment de Structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) qui accueillent des salariés en parcours. L’Association Coopélis vise à donner une cohérence et une communauté de projet à des structures d’insertion existantes sur le territoire. Autour notamment de la ressourcerie Bell’Occas et de son atelier et chantier d’insertion, d’une entreprise d’insertion spécialisée dans la valorisation des équipements électriques et électroniques, et d’une autre entreprise d’insertion spécialisée dans la construction de logements sociaux écologiques à charges maîtrisées, Coopélis cherche à se dégager des programmes et des lignes de financement qui finissent souvent par “contraindre à ne plus imaginer grand chose”, et vise à créer un écosystème territorial qui mette l’habitant du territoire au cœur de ses actions. Comme le dit Christophe, Directeur de Coopélis : “Les habitants méritent qu’on s’intéresse à eux sur le champ de la mobilité, de la formation, de l’insertion, de l’activité économique, de la gestion de leur ressources, du lien social.”

“Les habitants méritent qu’on s’intéresse à eux sur le champ de la mobilité, de la formation, de l’insertion, de l’activité économique, de la gestion de leur ressources, du lien social.”

Cette vision systémique amène Coopélis (qui signifie Coopérer pour Entreprendre Librement et Solidairement) a considérer des projets qui s’orientent naturellement vers des projets d’écologie industrielle, permettant à la fois de réduire les déchets en les valorisants comme des ressources, et de fournir de l’activité dans le ré-emploi et la construction.

L’exemple du chantier en cours à Montcornet est à ce titre exemplaire : Une consultation est lancée pour bâtir, au pied d’un château datant du XVe siècle, la réplique de cinq villages d’époques différentes : gauloise, gallo-romaine, mérovingienne, carolingienne et médiévale. Coopélis fait le pari (la folie ?) de répondre pour tous les lots et… emporte le marché. Avec l’aide d’artisans qui les ont formés et conseillés, les salariés en insertion réalisent une reconstitution qui se veut la plus authentique possible : toit de chaume, torchis, charpente, toiture d’ardoise ou de bois… Les matériaux sont en quasi totalité récupéré localement, comme les stocks d’ardoise laissées pour compte depuis la fermeture des ardoisières de Rimogne, l’argile, récupérée auprès d’un gros industriel de la construction qui la traitait comme un déchet issu de ces opérations de dépollution. Quand aux femmes et aux hommes en insertion qui participent à la création de cette oeuvre d’art, on imagine à la fois les compétences, et l’estime d’eux-mêmes qu’ils développent sur le chantier.

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Bell’Occas

Une ressourcerie aux processus de qualité industrielle pour construire les compétences requises par l’industrie :

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Ce qu’ils retiennent de la journée

Des résonances avec nos travaux

La compréhension humaine est indispensable pour comprendre les dynamiques de coopération. Elle est indissociable et complémentaire de la compréhension intellectuelle : on ne peut pas co-opérer avec autrui sans le prendre en compte, comprendre ses représentations, comprendre ce qu’il vit. Nos chemins de la coopération nous montrent que nous sommes souvent très aguerris (et d’autant plus dans des situations de révolte, ou de “lutter contre”) pour parler de l’autre, parler à sa place, mais beaucoup moins habiles pour parler avec l’autre, et effectivement le rencontrer.

Il peut y avoir beaucoup de raisons compréhensibles à cela. L’une d’elle qui émerge de notre rencontre à Coopélis réside dans notre rapport au temps. Sur la ligne du temps, certains d’entre nous ont une tendance à se positionner en référence au passé : c’était comme cela avant, j’ai appris cela dans ma vie… (parfois d’ailleurs en idéalisant ce passé). D’autre ont une tendance à se positionner au futur : ce sont les projets qui comptent, l’avenir. Or, on ne peut rencontrer l’autre… qu’au présent ! Développer la compréhension humaine nous demande de savoir nous déplacer sur cette ligne du temps : savoir aller chercher dans le passé des ressources qui peuvent être effectivement utiles (sans tomber dans le piège de la confusion entre ressources et situations), savoir développer une vision de l’œuvre à construire, la visualiser dans l’avenir et anticiper les actions à entreprendre : sachons ne pas nous échapper ni dans le passé, ni dans le futur : c’est uniquement au présent que l’on peut rencontrer l’autre, et donc entrer en coopération avec lui. D’ailleurs, c’est également au présent que l’on a une chance de se rencontrer soi-même !

Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt