Institut des Territoires Coopératifs

22 septembre – Au delà de l’attractivité

Nous sommes arrivés à Sées hier au soir, par le train d’Alençon. Ce matin, avant de prendre la route vers Essay, nous décidons de faire le tour de cette petite ville dont le patrimoine historique est digne de villes beaucoup plus importantes. Nous suivons donc le Parcours historique dont chaque étape est présentée avec un panneau d’information très soigné, et extrêmement intéressant d’un point de vue historique et sociologique.

Le patrimoine bâti de Sées est considérable et impressionnant : Cathédrale Notre-Dame, abbaye Saint Martin, palais de l’Évêché, motte castrale, Hôtel Dieu, Halles, quartiers de Chanoines, enclos des cordeliers… La lecture des panneaux d’information stimule notre imagination : nous laissons notre esprit voyager des premiers siècles de notre ère au Moyen-Âge, et visualisons l’activité grouillante de la localité.

Devant un tel ensemble, notre première réaction est d’imaginer une population beaucoup plus grande que celle d’aujourd’hui. Il est très difficile d’estimer la population d’une ville au Moyen-Âge, mais la lecture sur le net de certaines études nous amène à penser que la population de Sées était probablement, contrairement à notre sensation, plus faible que celle d’aujourd’hui (voir l’article La constitution d’un réseau urbain en Normandie, dans l’ouvrage Les villes normandes au Moyen-Âge). Wikipédia, rapporte une évolution de la démographie de Sées entre 1793 et 2016 de 6000 à 4182 habitants.

Le maitre mot de nombreuses politiques de développement territorial est l’attractivité : il faut à tout prix être attractif pour attirer de la population. Notre ballade au cœur de la ville nous amène à requestionner le lien entre la population d’un territoire et son niveau d’activité. Attirer une population dont l’activité reste à l’extérieur du territoire a-t-il un sens ? L’important ne serait-il pas de créer des activités qui rendront le territoire attractif ?

Notre rencontre de demain est avec Familles Rurales à Essay, dont la raison d’être est d’améliorer le cadre de vie des familles, notamment par l’organisation de loisirs. Elle se déroulera à l’Ecloserie Numérique, premier tiers-lieu rural de France qui travaille sur l’inclusion sociale et le développement économique à l’aide du numérique. Y participerons des enseignants du lycée agricole de Sées, qui forme 400 élèves ou étudiants. A Essay, il existe également une CAE (Coopérative d’Activités et d’Emploi), Rhizome, qui sera la dernière étape de notre parcours…

Les femmes et les hommes que nous rencontrons ne nous parlent pas de « l’attractivité du territoire ». Elles cherchent à créer les activités dont les personnes ont besoin pour faire de leur lieu de vie un lieu de bien vivre. Ces personnes et leurs structures, qu’elles créent de l’activité économique, sociale, de formation ou de loisirs, sont les piliers du développement local.


Quelques images de la ville, avec notamment la motte castrale, un petit souvenir que Nicolas-Jacques Conté, l’inventeur du crayon de bois, était originaire du coin, les sculptures d’une riche boulangerie ancienne, la cathédrale, et le remarquable marbre le « Beau Dieu ». 

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Et sur la route de Sées à Essay… Les murs de mures qui nous retardent (!…), de belles fermes fortifiées, la belle église d’Essay :

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Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt