Institut des Territoires Coopératifs

23 octobre 2018 – CAE Bourgogne

23 octobre, Dijon – Rencontre avec les acteurs de la :

CAE Bourgogne

Son action

Une CAE est une Coopération d’Activité et d’Emploi : elle accueille des personnes souhaitant tester et développer une activité d’entrepreneur, dans un cadre collectif et coopératif. La CAE propose ainsi une alternative pour les indépendants et les travailleurs autonomes. En intégrant une CAE, chacun peut tester son projet dans les meilleures conditions et développer son activité en tant qu’entrepreneur-salarié, un statut reconnu officiellement depuis la loi ESS de 2014. Ils sont autonomes dans le développement de leur activité et bénéficient, en tant que salariés, d’une protection sociale, et de service mutualisés. Enfin, ils sont tous associés de la coopérative. Certaines CAE sont spécialisées, d’autres généralistes.

CAE Bourgogne est une CAE généraliste issue de deux CAE : l’Envol (généraliste) et CoopEnBât (spécialisée dans les métiers du bâtiment). Elle rassemble 85 entrepreneurs-salariés, sur 4 département: Côté d’or, Saône et Loire, Yonne et Nièvre, et accompagne chaque année une trentaine de personne qui testent leur activité.

Pour en savoir plus sur CAE Bourgogne, leur site est : https://caebourgogne.fr

CAE Bourgogne est adhérente du réseau Coopérer pour Entreprendre, partenaire de l’InsTerCoop pour le projet MCDR du Réseau Rural, qui fédère les Coopératives d’Activité et d’Emploi.

Ce qu’ils retiennent de la journée

Des résonances avec nos travaux

L’échange avec les acteurs de CAE Bourgogne (entrepreneurs-salariés, directeur, entrepreneurs-salariés-associés, associés-non-entrepreneurs…) sur les principes d’action de la coopération a été riche d’enseignement. Nous repartons avec beaucoup de matière à décanter lors des prochaines marches. Et particulièrement à partir de nos échanges sur le principe d’action :

Entre ce que nous sommes et ce que nous voulons être

Dans la vidéo ci-dessus, les acteurs soulignent la différence entre coopérative et coopération ! Lors de la rencontre, l’un des participants dit “Je vis le statut coopérative, je n’ai pas la sensation de vivre la coopération“. D’ailleurs, les premières raisons énoncées pour rejoindre la CAE sont les intérêts administratifs et économiques. C’est l’objet de la structure que les entrepreneurs recherchent, pas nécessairement sa nature.

C’est après que nait, pour certains, le désir de vivre également l’aventure de la coopérative en tant qu’associé. “Comment basculer alors dans la coopération ?”, demande l’un des participants. Les obstacles sont nombreux : la difficulté de la gestion du temps coopératif, la complexité induite par la diversité des acteurs de l’écosystème, la difficulté de fédérer, de passer à côté d’un élément, de ne pas laisser la place…

Saisir les signaux faibles révélateurs des écarts entre ce que nous sommes et ce que nous voulons être repose sur la compréhension du système, et surtout de la manière dont chaque partie prenante vit sa participation à ce système. On parle alors de compréhension humaine.

La coopérative ne fait pas la coopération. On peut vivre en coopérative sans coopérer. On peut vivre la coopération sans être en coopérative. Nous définissons coopérer comme être co-auteur d’une œuvre commune. Au delà de la mission d’accompagnement de la CAE dont parle Pascal, l’oeuvre commune c’est peut-être tout simplement de vivre la coopération au sein de la coopérative.

Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt