Institut des Territoires Coopératifs

24 avril – Châtaigneraie

Depuis notre arrivée à Lacapelle-del-Fraisse, nous séjournons au Cantou, chez Huguette. Deux jours bien agréables dans ce petit café, dernier point de rencontre et de convivialité du village.

Lacapelle-del-Fraisse (prononcez Fra-ï-sse) signifie en patois « La chapelle du frêne », tout simplement parce que la chapelle du village n’avait pas de clocher, et que c’est au grand frêne près de l’église, qu’était accrochée la cloche de l’église.

La Châtaigneraie Cantalienne est au sud de l’Auvergne, et dégage déjà un petit air méridional. L’activité est plus tournée vers le sud-ouest, plus accessible puisqu’au nord, les Monts du Cantal s’élèvent à près de 1900m d’altitude. D’ailleurs l’espace est partagé entre les bassins versants de la Cère au nord et du Lot au sud.

Les lignes de crêtes offrent de larges vues panoramiques. Les rivières sont assez encaissées,  les vallées parfois étroites, laissant peu d’espaces disponibles, avec, dans les fonds de vallée de nombreux moulins. Sur les plateaux et les crêtes aux croupes arrondis, les herbages prédominent. Les pentes sont boisées, essentiellement de chênes et de hêtres. Le châtaignier, autrefois omniprésent, subsiste sous forme de taillis. Les pins, houx, bouleau et landes à bruyères témoignent encore de l’acidité du sol : lors du déboisement dans les années 70, il a fallu chauler les terres leur pH, avec du calcaire extrait sur le bassin d’Aurillac.

La Châtaigneraie a subi une grande mutation depuis les années soixante. Ce que l’on pouvait voir était essentiellement un paysage de forêt. De 1970 à 1990, les forêts ont été défrichées pour mettre en pâture les terres pour l’élevage. Le phénomène se prolonge aujourd’hui ne laissant progressivement aux habitants de la Châtaigneraie que son nom et sa mémoire. Elle fait clairement partie des ensembles de paysages auvergnats qui ont subi le plus de changements depuis quelques décennies. (Extrait d’un document très intéressant accessible ici sur les « Paysages Auvergne-Rhône-Alpes »)

Dans nos randonnées, des parfums d’herbes et de sous-bois nous accompagnent. De temps à autre, l’odeur d’un épandage nous rappelle que nous sommes sur une terre d’élevage, comme souvent lorsque le sol est pauvre et la terre peu profonde.

De Lacapelle-del-Fraisse à Vézac, 19km

Ce matin, nous partons sous la pluie pour une étape de 19kms entre Lacapelle-del-Fraisse et Vézac. Il fait froid, et lorsque, en fin de journée, la pluie cesse et la visibilité augmentent, nous sommes inquiets : la pluie tombée ici était sans doute de la neige là où nous devrions passer demain. Notre traversée des Monts du Cantal par le GR400 semble compromise. C’est vraisemblablement par la vallée que nous devrons rejoindre Murat dans les jours qui viennent.

Quelques images, glanées sur le chemin :

  • Pont de Cabrières, sur la Cère
  • Maison typique au toit de lauze, à forte pente
  • Moulin de Martinet (à Roannes-Saint-Mary)
  • Troupeau de Salers
  • Capelotte de St-Mary
  • Panorama sur les Monts du Cantal
  • Un éleveur visite son troupeau au petit matin
  • D’autres panorama sur les Monts enneigés.
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Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt