Institut des Territoires Coopératifs

27 octobre 2018 – La G.A.R.E

27 octobre, Vaillant (Haute-Marne) – Rencontre avec les acteurs de la :

Groupement d’Acteurs Ruraux en Eco-Activités

Son action (extraits du site https://collectifgare.wordpress.com)

Le collectif GARE (Groupement des Acteurs Ruraux en Ecoactivité) est né en 2012, à l’initiative de Guy Jannaud, élu du territoire, des associations de la Régie Rurale du Plateau (Vaillant), d’Autour de la Terre (Vaillant) et de la Ligue de l’Enseignement (Chaumont/Centre d’Initiation à la Nature d’Auberive).Les acteurs du collectif sont animés de chaînes de valeurs analogues, parmi lesquelles l’ancrage territorial, la solidarité, la transmission de savoirs, la valorisation des patrimoines locaux sont directrices.Ensemble, les acteurs du collectif se retrouvent autour d’un projet de coopération économique bâti à partir des activités développées par chacun d’entre eux. Leur objectif est de conforter leurs activités en les appréhendant collectivement et donc en les enrichissant des compétences détenues par le collectif.Le collectif GARE est basé à Vaillant, village situé au sud-ouest de Langres, sur le territoire du futur Parc National « Parc National de Forêts en Champagne et Bourgogne ».

Ce site est une ancienne gare ferroviaire, propriété de la Communauté de Communes Auberive Vingeanne Montsaugeonnais, sur lequel se trouvent :

  • la Régie Rurale du Plateau, Atelier Chantier d’Insertion positionné sur 3 activités : le maraîchage biologique (Jardins de Cocagne), l’entretien des espaces verts et l’entretien du patrimoine pierre sèche,
  • Autour de la Terre, association culturelle orientée sur la diffusion de films documentaires en milieu rural,
  • la Cabane du Père Labidouille et son jardin pédagogique, conçus et gérés par le Centre d’Initiation à la Nature d’Auberive, association d’Education à l’Environnement et au Développement Durable,
  • la GARE qui, au delà du collectif, gère une colocation de 4 chambres, destinée à des jeunes, du territoire et d’ailleurs, et un espace de travail partagé.

Le collectif GARE est plus large que les acteurs en présence sur le site de Vaillant ; en sont également parties prenantes :

  • La Communauté de Communes Auberive Vingeanne Montsaugeonnais ;
  • Actisud 52 : club d’entreprises du Pays de Langres ;
  • La commune de Cohons ;
  • Le gîte rural « la Commelle » de Vivey.

D’autres acteurs locaux, non officiellement parties prenantes du collectif,  œuvrent également au développement du projet GARE.

Depuis novembre 2013, le collectif est animé par une permanente.

Le projet du collectif

Le projet du collectif est un projet de coopération économique territoriale orientée sur 3 volets :

  • l’acculturation et la diffusion de processus coopératifs : il s’agit de partager des méthodes et pratiques de travail communes. Cela requiert un apprentissage auquel le collectif se prête à travers des séances de travail partagées : les séminaires de la GARE. Le développement de cette coopération tend également vers la définition de stratégies communes ;
  • le renforcement des activités des parties prenantes : en appréhendant collectivement les activités de chaque partie prenante, ces dernières s’enrichissent et se confortent. En effet, le collectif permet de rassembler une multiplicité de compétences qui alimentent et animent les projets et activités de chaque partie prenante ;
  • la création de nouveaux projets et activités portés par le collectif : les outils dont dispose le collectif GARE, alliés à ses compétences, envies et savoirs, ouvrent la route de nouvelles activités, porteuses de sens pour le collectif.

La philosophie du collectif GARE est toute entière contenue dans ce projet en 3 volets : s’enrichir, apprendre les uns des autres en formulant des projets communs, coopérer pour dépasser les difficultés rencontrées individuellement et insuffler au territoire des appels d’air innovants, pour le maintien de son dynamisme, de son attractivité et de son développement.

Ce qu’ils retiennent de la journée

Des résonances avec nos travaux

Notre rencontre avec les acteurs de la GARE fut à la fois profonde et chaleureuse, et nous avons pu nous reposer et nous ressourcer étant logés sur le site même, dans l’espace de colocation mis à disposition.

Nous revenons souvent sur la définition que nous proposons pour coopérer : être co-auteur d’une œuvre commune. Lors à cette rencontre, ce n’est pas tant sur le mot “co-auteur” que nous avons échangé, que sur le mot “œuvre”. Nous avons eu l’occasion d’y revenir à nouveau avec Thierry et Dominique qui nous ont fait le plaisir de nous retrouver à la conf’échanges de Chaumont le 2 novembre. On peut mener un grand nombre de projets (c’est le cas à la GARE), qui s’enracinent sur des valeurs et des objectifs clairs (c’est également le cas à la GARE)… et il reste possible de faire cela en perdant de vue l’œuvre commune que nous cherchons à construire. Qu’elle est elle ? Comment la définit-on ? La définissons nous par rapport à nous-mêmes, à nos aspirations profondes, ou par rapport aux autres qui nous entourent, aux opportunités à saisir ?

Si l’œuvre est au cœur de la coopération, il est indispensable de la maintenir claire, présente pour tous, de la revisiter régulièrement pour l’actualiser (c’est à dire la “mettre à jour”, mais également la faire passer de l’état virtuel à l’état réel). A défaut, la coopération risque de s’étioler et de perdre sa grandeur pour redevenir une simple collaboration.

 

Et dans la séquence vidéo ci-dessus, chacun peut percevoir la dialogie à l’œuvre entre le temps long, celui de la réflexion, et le temps court, celui de l’action. Avec la difficulté qu’exprime Dominique de vivre le temps long lorsque le temps court est très prégnant, et l’appréhension à demander du temps aux autres : “on n’ose plus prendre le temps.”

Coopérer c’est agir et penser ensemble. C’est percevoir les besoins de temps long et de temps court et se donner les moyens de les harmoniser.

Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt