Institut des Territoires Coopératifs

29 mai – bocage

Lors d’une itinérance précédente en 2016, nous traversions le plateau des Mauges, au sud de la Loire, entre Ancenis et Cholet. Ce plateau granitique est bocager et d’aspect plutôt uniforme, mais incisé profondément par des fractures géologiques qui forment des « coulées » qui fragmentent le territoire. L’un des objectifs d’ailleurs d’une association que nous y avons rencontrée est de « relier » les différents villages au travers d’un festival itinérant. Outre les coulées, le bocage est un composant de l’identité du territoire, comme ici, au cœur du bocage bourbonnais.

Lors de la rencontre d’hier, les échanges s’orientent à un moment vers la géographie du territoire et son caractère bocager. Patrick, se souvenant des coulées des Mauges et de son bocage, évoque « les haies qui cloisonnent »… Sa phrase n’est pas même terminée que les personnes autour de la table s’écrient d’une même voix : « les haies ne cloisonnent pas, ce ne sont pas des barrières, ce sont les fils qui nous relient ! »

On connait le rôle essentiel des haies dans la préservation de la biodiversité, la protection contre le vent ou la sécheresse, la lutte contre l’érosion, le ravinement et pour la rétention des berges des cours d’eau…

Mais l’échange d’hier porte sur une autre dimension du bocage. Des haies, nous passons aux chemins qu’elles bordent. Ici, il y a une foule de chemins et cinquante moyens d’arriver au même endroit. L’habitat rural est plutôt dispersé et pour aller voir son voisin, il faut une démarche volontaire : « Il y a tellement de chemin que je peux éviter de passer chez lui, ou au contraire, choisir d’y aller. »

Nos travaux sur l’implicite du territoire montrent que la configuration du territoire, le paysage, définissent aussi des façons d’être. Ici, c’est comme si le paysage exigeait cette démarche volontaire pour mettre les gens en lien. Comme s’il nous rappelait que la relation, il faut vouloir la construire pour qu’elle existe.

Et nous avons effectivement l’impression, nourrie par de nombreuses expériences, que sur ce territoire, les hommes se connaissent et qu’ils aiment se retrouver. Un sacré ressort d’attractivité.


Quelques images… Guy qui interroge Anne-Laure qui nous accompagne sur le chemin aujourd’hui, le tympan de l’église Saint-Georges de Bourbon l’Archambault, des panneaux bien utiles pour les randonneurs, une belle église romaine, celle de Saint Hilaire, et de drôles de chouettes !

Etape Bourbon-StHilaire
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Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt