Institut des Territoires Coopératifs

30 septembre – Traiter la coopération en soi

Aujourd’hui, c’est le moment que nous choisissons pour vous faire faire un bout de chemin sur l’essence même de notre action-recherche : Le développement par la coopération. En d’autres termes, développons notre capacité à coopérer et cela produira du développement territorial et l’émergence de projets…

Le plus souvent, c’est le projet qui est positionné comme moteur du développement territorial et le développement de la coopération au sein des porteurs de projet comme conséquence ou effet induit, voire comme moyen nécessaire… Finalement, en quoi le renversement que nous proposons (la coopération comme finalité première) est-il source à la fois de développement des hommes et des femmes qui portent les projets, de développement de collectifs porteurs de projets et de développement territorial ?

Le travail de ces 4 dernières années et la rencontre de plus de 70 collectifs (environ 700 personnes), nous enseigne combien la coopération est une aptitude qui s’apprend, se développe et s’entretient, et une prise de décision consciente de le faire… ou pas.

Ce qui nous semble important de partager aujourd’hui est le point suivant : si la coopération est au cœur de tout projet humain, c’est qu’elle n’est pas juste liée à une activité ou un domaine d’activité (coopération dans le travail par exemple…) mais juste une activité humaine en soi. Une aptitude qui s’appuie sur le développement de soi et le développement de la coopération en elle-même, sans être appréhendée à travers une entrée spécifique et de facto réduite à cette entrée, mais au contraire appréhendée par une entrée plus anthropologique et ontologique.

L’un des 12 principes d’action – entre transformation personnelle et transformation sociale – est au cœur de ce développement de la coopération en soi-même et pour elle-même.

Dans le processus de l’Observatoire de l’Implicite, nous terminons chaque rencontre par un temps de clôture où chacune et chacun peuvent exprimer leur retour sur l’utilité de ce temps de travail. Il est fréquent d’entendre des participants exprimer que la coopération est un sujet en lui-même et que construire sa propre maturité coopérative permet de coopérer avec autrui.

Pourtant, l’idée est tenace que la coopération va de soi à partir du moment où l’on s’embarque dans un projet collectif, sans avoir besoin de s’en saisir comme un sujet à part entière. Cette idée aura souvent une conséquence : un non-alignement entre ce que nous exprimons et ce que nous posons dans les actes. Cet écart renvoie à un autre principe d’action qui ne manquera pas de pointer son nez, cette dialogie « entre intention et comportement ».

Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt