Institut des Territoires Coopératifs

31 mai – la Ferme aux animaux

Treban (Allier) – Rencontre avec les acteurs de la Ferme aux animaux

Son action

La Ferme aux animaux est un lieu de vie et d’accueil (LVA) qui reçoit 6 jeunes, enfants et adolescents relevant des services d’aide sociale à l’enfance. La ferme est une SCOP.

Ce qu’ils retiennent de la journée

Des résonances avec nos travaux

Avec tous les collectifs que nous rencontrons désormais, nous reprenons dans notre journal d’itinérance trois points clés que la rencontre a permis d’explorer et de questionner.

La ferme aux animaux est une SCOP. Comme dans toutes les SCOP, la dialogie « Entre rôle et identité » interpelle les participants. Ils s’en sont emparé, notamment en mettant en place une gouvernance tournante et un roulement de la fonction planning et organisation du lieu de vie de façon à ce que chacun des membres du collectif soit amené à expérimenter et à vivre l’ensemble des rôles fonctionnels de l’organisation. Un autre aspect de cette dialogie a interrogé les participants. La ferme aux animaux est une SCOP familiale et dans chacune de nos familles, entre parents et enfants ou frères et sœurs, quels que soient notre lien de parenté, nous héritons souvent d’un rôle particulier. Ce rôle là s’invite également dans les interactions au travail. Derrière le principe d’action « entre rôle et identité », n’oublions pas les parts cachées, implicites, de notre identité – ce que le premier temps de notre protocole vise à révéler – comme celles de nos rôles, fonctionnels, sociaux, ou familiaux.

Guillaume nous donne l’occasion de revenir sur la notion de « signaux faibles » et de ce qu’un signal faible dont on ne s’occupe pas peut devenir. En évoquant son attention à cultiver une attitude appréciative de ce qui l’entoure, il conclut par « Ce n’est pas parce qu’il y a des choses à changer qu’il faut vivre dans la frustration. Si cette négativité prend trop de place en nous, c’est cela qu’on véhicule ». Cette phrase nous évoque deux réflexions. D’une part effectivement, mon comportement engendre un comportement : Ma propre frustration change ma manière d’interagir avec l’autre et donc induit également une modification de comportement chez l’autre. D’autre part, les neurosciences confirment que nos comportements sont toujours générés par nos émotions. Et comme une émotion dont on ne s’occupe pas va peu à peu prendre de plus en plus de place, elle va toujours finir par influer sur notre comportement. Anne prend souvent l’image d’un chou que l’on achète sur le marché et qu’on laisse dans le réfrigérateur parce qu’on ne sait pas le cuisiner… Immanquablement, le chou va se rappeler à notre souvenir, et risquera même de contaminer les autres victuailles du réfrigérateur ! Nos émotions sont à l’origine de nos comportements, et nos comportements engendrent un comportement chez l’autre. D’où l’importance, en coopération, d’être attentif à ses propres signaux faibles, ce que l’on sent poindre en soi, et dont il faut apprendre à s’emparer.

Milena relève dans la vidéo les allers-retours permanents que nous avons faits durant la journée entre le général et le particulier. De même, la coopération vit et se développe lorsque l’on est en capacité de faire des allers-retours permanents entre l’individu et le collectif, entre le singulier et le pluriel. Anne, éducatrice à la ferme, le dit à la fin de notre rencontre : « On est tous responsables de ce qu’on est et de ce qu’on amène dans le collectif. Si quelque chose ne nous convient pas, si un enjeu se positionne en nous, on a la responsabilité de s’en rendre compte, de le clarifier et de le rendre clair pour les autres. » Transformation personnelle et transformation sociale sont indissociables l’une de l’autre.


Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt