4 clés que l’InsTerCoop retient du Colloque de Cerisy - Institut des Territoires Coopératifs Institut des Territoires Coopératifs
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4 clés que l’InsTerCoop retient du Colloque de Cerisy

Du 29 août au 2 septembre, nous avons eu l’immense privilège de participer à un colloque de Cerisy, haut lieu de la vie intellectuelle depuis plus d’un demi-siècle, à « l’écoute des rumeurs du monde ». Le colloque, réunissait les différents acteurs des programmes de recherche soutenus par l’Institut pour la recherche de la Caisse des Dépôts, organisateur du colloque : des économistes, des urbanistes, des géographes, des prospectivistes, des photographes… et l’InsTerCoop. Il était intitulé : « Nouveaux enjeux prospectifs des territoires et coconstruction des stratégies » et avait pour objectif de « mettre le doigt sur les innovations dans la façon de construire la prospective, les scénarios, les stratégies de territoires. »

La contribution de l’InsTerCoop était sous la forme d’une communication intitulée : « Développer la maturité coopérative du territoire ». Nous y avons présenté la coopération comme expression sociale de la complexité, et donc incontournable dans le monde qui nous entoure. Nous y avons proposé notre définition (étymologique) de « coopérer : être co-auteur d’une œuvre commune », et le concept de maturité coopérative, fruit de nos travaux. Enfin, nous avons fait trois propositions à l’attention des collectivités territoriales et des pouvoirs publics, pour faire de la coopération (qui permet la coconstruction) un levier de développement territorial :

  • Apprendre à développer la compréhension humaine du territoire,
  • Investir pour développer la maturité coopérative des écosystèmes territoriaux,
  • Développer la capacité de modélisation des acteurs pour changer d’échelle.

Le diaporama de notre intervention peut être téléchargé ici, et le texte de notre communication sera intégré aux actes du colloque qui seront publiés dans les prochains mois.

Diaporama InsTerCoop - Cerisy

Au-delà des différents apports des participants sur lesquels ces actes permettront de revenir, nous avons été marqués par quatre éléments qui ont émergés du colloque et ont été très largement partagés par les participants, traversant les disciplines de chacun.

  1. A l’InsTerCoop, nous parlons d’implicite. Des économistes d’immatériel. Des géographes d’informel. Des pédagogues de tacite. D’autres de signaux faibles… Les mots peuvent-être différents mais ils disent tous la même chose : le monde ne s’arrête pas au visible, et chercher à le comprendre en ne décrivant et caractérisant que sa part visible amène à une connaissance incomplète et trompeuse. Apprenons à élargir notre compréhension.
  2. Plusieurs intervenants ont présenté les recommandations méthodologiques issues de leurs travaux non pas sous la forme d’une recommandation unique, mais d’un espace ou d’un écart entre des tensions. A l’InsTerCoop, mobilisant les principes de la pensée complexe développée par Edgar More, nous parlons de « dialogies », unité symbolique de deux logiques, logiques qui peuvent être à la fois complémentaires, concurrentes et antagonistes. Mieux que de suivre des « bonnes pratiques », il ressort que nous devrions apprendre à saisir ces logiques multiples à l’œuvre.
  3. Fil rouge également de nombreuses interventions : la « personne », l’individu, dans sa singularité. L’ « acteur », qu’il soit élu d’une collectivité, expert d’un domaine, citoyen, partie prenante, est également une « personne » ; il est rarement considéré comme tel dans les stratégies de développement territorial qui traitent des rôles et ignorent les identités. Relier rôle et identité se révèle être un facteur de réussite des projets de coconstruction et de coopération.
  4. Enfin les « modèles » qui s’imposent à tous, fussent-t-ils des « modèles d’excellence » ont été sévèrement fustigés par l’ensemble des intervenants. Dès lors que l’on attache une attention à l’implicite, aux dialogies, et aux personnes, les modèles-uniques, héritiers d’une pensée industrielle, apparaissent clairement comme inopérants. C’est une bonne nouvelle qui redonne une place à la diversité.

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