Institut des Territoires Coopératifs

6 mai – la communauté villageoise

17 kms, entre Paulhac-en-Margeride et Saugues

Nous quittons la montagne de la Margeride, et arrivons en fin d’après-midi à Sauges, dans la partie nord du Gévaudan. Le territoire du Gévaudan a servi de base pour former le département de la Lozère. Seule la partie du canton de Saugues se trouve en Haute-Loire. Nous avons rendez-vous avec les acteurs du Pôle Laine, aux Ateliers de la Bruyère. Demain, nous déroulerons le protocole de l’Observatoire de l’Implicite, mais ce soir, nous en profitons pour visiter les ateliers, ainsi que l’espace de découverte qu’ils sont en train de finaliser pour l’été, qui replace la tradition lainière dans l’histoire du territoire, de ses métiers et de ses machines.

Pour nous, c’est l’occasion de découvrir certains aspects de la communauté villageoise du Gévaudan, dont nous apprécions la grande sagesse, et la maturité coopérative 😉

Nous y apprenons notamment que dès le début de l’agriculture, un système agro-pastoral s’est mis en place en Margeride, reposant sur l’utilisation de vastes zones de parcours pour le bétail, en association avec la culture de céréales autour du village. L’élevage ovin avait alors deux fonctions essentielles, avant même la production de viande ou de fromage : la production de laine bien sûr, et la fumure des terres, afin de les enrichir pour pouvoir y faire pousser les céréales. Le troupeau était sous la conduite d’un berger commun, sorte d’employé municipal avant l’heure. Au XVIème siècle, les paysans ont acquis un droit de fumature : en fonction du nombre de brebis qu’ils apportaient au troupeau communal, ils disposaient d’un nombre de jours où le troupeau séjournait sur leur terre et ainsi, les amendaient. Pour respecter la stricte proportionnalité du droit de fumature, le berger pouvait être amener à déplacer le troupeau même au milieu de la nuit. Il dormait alors dans une sorte de lit mobile, la tsabone, au milieu du troupeau.

Du fait de la rigueur des conditions de vie, de l’isolement et du climat de moyenne montagne, le village constituait un espace de solidarité qui, bien qu’inégal, permettait à chacun de subsister : les « communaux » – des biens en communs comme des bois, des pâturages, ou le « coudert », espace pour les installations communautaires – le glanage qui permettait en paysan sans terre de récupérer quelques ressources, la répartition des « tours d’eau » pour irriguer les cultures, ou le berger communal et la « sœur » au service du village en étaient les piliers.

Si vous passez à Saugues cet été, aller aux Ateliers de la bruyère pour découvrir cet espace qui pourrait bien re-inspirer notre société dite moderne.

Quelques images, des moutons, de la laine, des ateliers et des créations !

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Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt