FAQ sur l'Observatoire de l'Implicite - Institut des Territoires Coopératifs Institut des Territoires Coopératifs
Institut des Territoires Coopératifs

FAQ sur l’Observatoire de l’Implicite

Qui sommes-nous

L’Institut des Territoires Coopératifs (http://www.instercoop.fr) est un institut de recherche-action sur la coopération. Il est à l’initiative de la société Inovane, et réunit un premier réseau de partenaires, parmi lesquels le Crédit Coopératif, l’Université de Toulouse Capitole, l’Institut CDC pour la Recherche et le centre technologique en environnement APESA basé à Pau. Il devrait prendre, début 2017, la forme d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif.

L’Observatoire de l’Implicite, l’un des piliers de l’InsTerCoop, est parrainé par Corinne Lepage, Patrick Viveret et Axel Khan. Son lancement a fait l’objet d’une campagne de financement participatif qui a permis de collecter 11115€ en janvier 2016.

Quel est l’objet de nos travaux

Si la coopération fait partie des leviers de la société de demain, et particulièrement du dynamisme des territoires, il est indispensable d’en mieux connaitre les rouages. Or, ces rouages sont souvent mal appréhendés parce qu’étudiés en les isolant les uns des autres au lieu de les appréhender dans leur complexité et leur inter-dépendance, et en limitant l’étude aux seules parts visibles et conscientes. Cette incapacité à appréhender les rouages profonds de la coopération entraîne d’incomplets retours d’expérience et empêchent l’essaimage, la reproduction, et la pollinisation des pratiques de coopération.

L’Observatoire de l’Implicite vise à mettre en lumière la part non-visible, souvent non-consciente, qui fait la réussite (ou non) des projets coopératifs. C’est une démarche d’itinérance pédestre, à la rencontre des praticiens de la coopération, quel que soit le domaine : habitat partagé, coopératives d’énergie, pratiques alternatives d’enseignement, tiers-lieux, clusters d’entreprises, coopératives de production, animations de territoires, coopératives de production…

Quelle est la démarche de l’observatoire

L’Observatoire part du constat que partout sur le territoire, foisonnent des initiatives et innovations sociales ou territoriales fondées sur la coopération et fait de ces initiatives son terrain d’exploration. La démarche est fondée sur trois partis-pris méthodologiques :

  • Nous cherchons les rouages premiers de la coopération, non pas au cœur du projet de coopération lui-même, mais au tréfonds des acteurs de ce projet. Nous pensons que ce sont ces rouages qui déterminent les dynamiques coopératives du projet, et non pas le projet à lui seul.
  • Nous amenons les acteurs des initiatives à entrer en auto-observation de leur positionnement dans le projet. Plus qu’une démarche d’observatoire classique, menée par des auditeurs qui posent ensuite un diagnostic sur l’objet d’étude, nous provoquons une « auto-observation » en s’appuyant sur une méthode de questionnement destinée à favoriser la mise en lumière du chemin pris pour réussir, et d’en éclairer les détours cachés, où se situent le plus souvent les conditions déterminantes.
  • La rencontre des acteurs des initiatives ciblées se fait au gré d’une traversée à pied du territoire concerné. Pour accéder aux rouages profonds, souvent inconscients ou implicites, la lenteur est le premier outil. La marche permet de s’imprégner du territoire, matrice de l’action de coopération. Elle donne le temps de la reliance entre les acteurs et celui de l’introspection nécessaire pour comprendre.

En 1 mois d’itinérance, nous rencontrons 10 à 12 groupes d’acteurs, porteurs d’un projet coopératif. Nous veillons à ce que le collectif soit représentatif des différentes motivations pour participer au projet et nous proposons de passer ensemble une soirée de découverte du projet suivie d’une journée de travail selon un protocole précis.

Quelle est la finalité de l’Observatoire de l’Implicite

Au travers de ses itinérances et de leur exploitation, l’Observatoire de l’Implicite vise à :

  • Apprendre à mettre en évidence l’implicite et à ne pas se limiter à la compréhension intellectuelle d’un territoire ou d’un projet,
  • Mettre en évidence les principes d’actions de coopération,
  • Développer les capacités requises pour la mise en oeuvre de ces principes.

La finalité de ces productions est de développer la coopération et de contribuer ainsi au changement d’échelle de la nouvelle économie, en développant une compétence nouvelle : le savoir-reproduire.

Et d’ailleurs, qu’appelons-nous “Implicite” ?

Aucun marin n’imagine partir en mer sans sa carte sous-marine ! Sur ces cartes figures des repères, invisibles car immergés, mais donc la connaissance est essentielle pour naviguer, suivre les courants, éviter les écueils.

Ce que nous appelons l’implicite correspond à ces éléments : souvent invisibles, ils constituent pourtant l’identité d’un territoire ou d’un collectif, ils façonnent les comportements, ils font que la coopération s’installe et se développe, ou au contraire s’étiole et disparaisse.

Apprend à mettre l’implicite en lumière est donc essentiel pour comprendre.

Quel retour faisons-nous des premières itinérances

En mars dernier, nous avons mené la 1ère itinérance en Pays de Loire, de Angers à La Roche sur Yon, via Nantes et Redon. En juin, nous avons mené la 2ème itinérance en Drôme et en Ardèche.

Au total, outre les 600 kms de marche au coeur des territoires, l’Observatoire s’est arrêté auprès des acteurs de 26 collectifs, dans des domaines très variés : l’entreprise, la production citoyenne d’énergie,  l’habitat participatif, l’éducation, la culture, l’insertion et l’emploi, ou l’animation territoriale.

Ces premières itinérances ont permis de mettre en évidence des homologies entre territoires et comportements, et les premiers principes d’actions pour coopérer. Ces résultats seront complètement exploités par l’Institut d’ici Juin 2017, en coopération avec ses partenaires.

Tout au long des itinérances, l’Institut publie un journal numérique, avec des témoignages des acteurs y participant. Celui de la 1ère itinérance est en ligne ici et celui de la 2nde itinérance est là.

Quelles perspectives à plus long terme

L’étude des rouages profonds et non-visibles de la coopération se fait à partir de territoires qui témoignent déjà de pratiques coopératives fortes, Pays de Loire et Drôme-Ardèche. Il s’agit d’un choix de départ, non pas d’une limite.

Notre intuition est que chaque territoire recèle de capacités singulières à l’émergence de pratiques coopératives. Nous pensons que notre projet peut permettre de valider des méthodologies d’identification et de compréhension de ces capacités. Elles permettront alors de mener des itinérances au cœur de territoires apparemment peu coopératifs afin d’identifier leurs atouts, et les leviers qui pourraient y permettre l’émergence de projets coopératifs.

Comment soutenir l’Observatoire de l’Implicite

Le budget pour mener à bien les 2 premières itinérances, et l’exploitation conjointe par l’Institut des Territoires Coopératifs, et par les chercheurs universitaires associés est de 92K€, avec un autofinancement de 25%. Un tour de table est actuellement à l’étude pour boucler le budget, en faisant appel à des entreprises privées, des collectivités territoriales, des universités et des établissements publics.

Quels bénéfices tirer d’un soutien à l’Observatoire

L’équipe de l’InsTerCoop est à la disposition de ses partenaires pour les aider à tirer partie de leur engagement à ses côtés. Ainsi, les enseignements tirés des itinérances et des travaux de recherche sur les principes d’action de la coopération peuvent faire l’objet de conférence, lors d’un événement particulier (congrès, conférence territoriale, débat sur le développement du territoire…).

Nous sommes disponibles pour partager ces enseignements avec nos partenaires lors de session collaborative, pour étudier comment les principes d’action de la coopération pourraient s’appliquer à leur environnement, à les aider à se les approprier.

Nous pouvons également mener des itinérances spécifiques, destinées à mettre en lumière les atouts implicite et cachés qu’un territoire pourrait mobiliser, afin de développer des initiatives coopératives.

Pour ceux désireux d’apprendre à mettre en lumière l’implicite, nous proposons de marcher avec nous et de découvrir le protocole de mise à jour de l’implicite en étant observateur lors des rencontres.

Notre démarche est de produire du « commun » et nous sommes ouverts à d’autres suggestions.

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Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt