Journal de l’itinérance (1)

Ce journal rassemble quelques images, pensées et vidéos de nos rencontres, glanées durant notre itinérance de l’Observatoire de l’Implicite. Le travail de découverte et de mise à jour des rouages profonds de la coopération est indépendant de ce journal et fera l’objet de publications dans les mois à venir.

30 mars 2016

Les Voisins Terre Pelle

Notre dernière journée d’échanges pour cette itinérance de l’Observatoire de l’Implicite est avec les “Voisins Terre Pelle”, 8 foyers qui conçoivent et construisent un habitat groupé sur la ville de La Roche sur Yon. Comme souvent dans les expériences d’habitat participatif, nous y trouvons un collectif très riche qui prend le temps de traiter, à la fois sereinement et en profondeur, les questions relatives au “vivre ensemble”. Outre les enseignements que nous tirons de ces rencontres, elles sont pour nous source d’énergie, de vitalité et d’espoir. Avec les “Voisins Terre Pelle”, nous approfondissons nos réflexions autour de quelques thèmes clés, comme :

  • L’Autre (avec un “A”), comme reflet de mon propre comportement dans l’aventure humaine de la coopération,
  • L’importance des outils de facilitation ou de régulation des échanges (savoir-faire), à condition qu’ils s’appuient sur des savoir-être profondément ancrés, (ou au minimum, la reconnaissance de savoir-être manquants et la prise de conscience de la nécessité de les développer),
  • L’écart qui peut exister entre les manières de vivre et développer la coopération au sein du collectif et la mise en place de systèmes défensifs vis à vis de l’extérieur, qui nuisent alors à l’intégration de nouveaux acteurs et à l’ouverture au-delà du collectif.

29 mars 2016

Question de rythme

Pas de marche aujourd’hui ! C’est en voiture (merci à Muriel, notre hôte des Jardins de la Nonnerie) que nous rejoignons Aizenay. De là, nous prenons le bus pour arriver en milieu de journée à La Roche Sur Yon, terme de notre itinérance. Les derniers jours ont été difficiles à gérer, en termes de fatigue physique.

Avant le départ, nous avions planifié notre itinérance sur un rythme bien défini : des séquences de 2 jours avec 1 journée de rencontre, suivies de 2 journées de marche. La première semaine de notre itinérance, nous avons suivi scrupuleusement ce rythme, en en découvrant les vertus attendues. Sur le plan physique d’abord, il nous permet de reposer les muscles régulièrement, et évite des séquences de marche trop longues qui entraineraient une fatigue qui nuiraient à la qualité de notre écoute les jours de rencontres. Sur le plan intellectuel ensuite, il offre 2 temps essentiels à la suite d’une journée de rencontre: La première journée est un temps de “décantation”. La marche permet la pratique d’une sorte de méditation. En ce sens, elle est pour nous un allié précieux pour éviter l’analyse intellectuelle des échanges, qui nous ferait immanquablement remonter au niveau de l’explicite. Au contraire, elle nous permet de plonger dans l’implicite, en cherchant à “sentir” le sens des échanges plutôt qu’à les “comprendre”, pour reprendre la très juste citation du restaurateur de la Collégiale Saint Martin d’Angers (voir la chronique du 12 mars). Ce jour là, notre pratique de la marche est plutôt silencieuse, l’un devant l’autre.

12247757_560572397449426_5435594095047195162_oLa deuxième journée de marche, tout change. La phase de décantation a produit son effet. Les liens apparaissent. La complexité du système se dévoile. La marche du 2ème jour est différente : elle n’est plus silencieuse. Nous cheminons côte à côte, échangeant, nous interrogeant l’un l’autre, reliant les choses entre elles. A la fin de ce temps, nous sommes alors prêts pour passer à une autre rencontre, tout en étant certains de ne rien perdre de la précédente.

Lors de ce mois d’itinérance, plusieurs fois, nous aurons laissé de côté notre rythme initial afin d’accommoder des contraintes d’itinéraires ou de disponibilités. Si nous n’en savions pas le prix au moment du choix, nous le connaissons maintenant. La décision est prise : nous veillerons, lors des prochaines itinérances, au strict respect de ce rythme 2-1-2-1-2…, qui apparait comme un élément clé de la qualité de nos travaux.

28 mars 2016

L’école de tous les possibles, Perspectives Voyageuses

Aujourd’hui, nous sommes à La Chapelle Palluau et rencontrons Véronique, et son “Ecole de Tous les Possibles“, et Christine et ses “Perspectives Voyageuses“. Les deux initiatives ont un point commun. Elles partent de la même question : Comment apprendre à apprendre ?

Pour l’Ecole de Tous les Possibles, l’idée est d’amener parents et enfants à mieux coopérer ensemble, pour faciliter l’apprentissage des enfants, notamment en cherchant à développer les intelligences multiples de chacun (au sens donné par Howard Gardner). Pour les Perspectives Voyageuses, il s’agit d’explorer les différentes formes d’apprentissage telles qu’elles sont pratiquées dans différentes parties du monde: du Costa Rica aux Etats-Unis, du Cambodge au Kenya, de la Nouvelle-Zélande au Canada… A chaque fois, des classes de primaire, de collège, ou de lycée sont associées à l’exploration.

Les échanges avec Véronique et Christine enrichissent et valident les orientations que prennent nos travaux et notre recherche de principes d’action pour favoriser la coopération, et particulièrement sur deux points :

  • Choisir de traiter nos limites. Nous avons toujours le choix de développer telle ou telle partie de nous même (ou de notre collectif), et pourtant, nous choisissons fréquemment de laisser en jachère des pans entiers de nos aptitudes, individuelles et collectives, qui immanquablement finiront par devenir limitants. Comment faire pour reconnaître ces domaines ? Comment choisir de lever cet obstacle récurrent ? Comment s’y prendre…
  • Coopérer… avec soi-même. Difficile de concilier des points de vues différents dans un groupe si, au tréfonds de nous-même, certaines parties de notre personnalité se contredisent et que nous laissons ces batailles intérieures se dérouler sans y mettre un peu de coopération. Une fois de plus, c’est la question (récurrente elle aussi) du lien entre transformation sociale et transformation personnelle qui est posée.

27 mars 2016

Petite étape de 16km au cœur du bocage Vendéen. Le vent souffle fort depuis 2 jours et nous luttons à chaque pas. Les averses sont parfois fortes et il y a peu d’accalmies. Le sac à dos est plus lourd, week-end de Pâques oblige, il est chargé du ravitaillement pour plusieurs repas… La fatigue commence à se faire sentir. Au soir, nous touchons les 300 kms à pied depuis notre départ de Angers le 3 mars. Les 2 journées de pause que nous avions prévues ont finalement été utilisées, soit pour ajouter une rencontre, soit pour un aller-retour sur Paris ou une longue course pour remplacer une cape de pluie perdue.

Nous sentons avec satisfaction l’arrivée proche. Satisfaction due à la fois à la richesse des échanges et des éléments collectés tout au long de l’itinérance, et aussi à l’idée de nous reposer bientôt…

Parcours

26 mars 2016

Territoires ‘entre-deux’… Territoires ‘entre-trois’

20km entre Vieillevigne et Legé. Depuis que nous avons quitté l’espace de la métropole Nantaise, nous avons l’impression d’être dans une sorte de territoire “intermédiaire”, qui semble comme laissé à lui-même, et sans appartenance. Nos hôtes de la ferme de l’écorce à Vieillevigne, nous parlent de la difficulté d’être rattaché à un territoire administratif (Loire-Atlantique, Pays de Clisson) faisant partie du pays du vignoble nantais, alors que nous sommes déjà dans le bocage vendéen.

Trop loin de Nantes, trop loin du cœur de la Vendée, le territoire semble être oublié. On retrouve fréquemment ce phénomène des territoires intermédiaires dans notre pays : à la fois trop loin pour rester au cœur des préoccupations, et pas assez loin pour être vu comme original et traité comme tel. Des territoires dont les acteurs eux-mêmes semblent endormis ou impuissants face à l’inertie ambiante.

Les politiques d’aménagement du territoire qui aujourd’hui la part belle à la métropolisation. Ce phénomène risque fort de s’accentuer.

Par contraste, ‘entre-trois’ est différent d”entre-deux’ ! Les habitants du territoire de Redon où nous sommes passés le 14 mars expliquent au contraire le dynamisme de ce pays par son écartèlement entre 3 départements (Morbihan, Ile-et-Vilaine, Loire-Atlantique), et 2 régions (Bretagne et Pays de Loire), qui incite les acteurs à chercher des partenaires, et probablement stimule ces dernier à mettre en place des coopérations vertueuses.

Quelques mots de plus...
A la lecture de ce billet, Claire, notre hôte de la Ferme de l’Ecorce, a publié un commentaire. Vous le trouverez au bas de la page. Nos visions sont toujours partielles. Nos échanges renforcent l’idée qu’il est important d’aller à la rencontre de l’autre, d’apprendre (sans relâche) à échanger, et de rester humbles.

 

Parcours

Hyperacousie, compréhension humaine et coopération

Claire, notre hôte de ce jour de la Ferme de l’Ecorce, souffre d’hyperacousie, « un dysfonctionnement de l’audition caractérisé par une hyperfragilité de l’ouïe. Une personne atteinte d’hyperacousie ne pourra pas tolérer certains sons ou certains environnements bruyants. » (Wikipédia).

Pour elle, pas de cinéma. Pas de marche sur les graviers. Pas de repas de famille prolongés. Pas de  promenade pour écouter les oiseaux. Pour l’organisation du repas des premières assises des personnes atteintes de ce dysfonctionnement, il a fallu choisir des assiettes en carton (pas de porcelaine, ni de plastique crissant), des couverts non métalliques, et même travailler avec le traiteur pour qu’il évite les aliments croquants.

Notre hôte nous parle de la difficulté d’être entendue (c’est un comble pour celle qui entend « trop ») par les pouvoirs publics pour l’aménagement des lieux, ou même par les médecins: ceux qui, au départ, s’intéressent au problème, finissent au mieux par s’en détourner, au pire par le rejeter, tant ils sont démunis par ce problème sans solution.

Cet échange illustre parfaitement la distinction essentielle, entre la compréhension intellectuelle des choses, et la compréhension humaine. S’il est, pour une personne ne souffrant pas d’hyperacousie, possible d’imaginer intellectuellement telle ou telle situation, il demeure impossible de ressentir ce que l’autre ressent. On ne peut ni en faire soi-même l’expérience, ni voir chez l’autre, l’expression de ce ressenti. C’est comme si l’on se retrouvait simplement privé de sa capacité à entrer en empathie avec l’autre, puisque ne pouvant comprendre ses sentiments et émotions. Or, l’empathie est essentielle dans la communication avec autrui. Devant la difficulté d’entrer alors en relation avec l’autre, certaines personnes s’en détourneront, d’autres iront même jusqu’à le rejeter. Sans empathie, pas de communication. Sans communication, pas d’échange. Sans échange, pas de coopération.

On comprend alors pourquoi il est essentiel de chercher à accéder à la compréhension humaine si l’on veut développer des environnements coopératifs.

25 mars 2016

Étape de 20km, du Bignon à la Ferme de l’écorce, à Vieillevigne. Une étape où l’on observe de grandes surfaces agricoles, de profonds labours, des tracteurs équipés d’immenses pulvérisateurs, des nuages étranges au dessus des pommiers, des odeurs peu alléchantes… Faisant suite à la note “Contraste écologique” du 24 mars, nous sommes à nouveau confrontés à une biodiversité mieux soignée en zone urbaine et péri-urbaine que dans certaines zones rurales.

Parcours

Au gré du chemin, la preuve que nous sommes encore en Pays Nantais, et que le 1er mai et son muguet approchent, le dolmen de Grès Yprésien de Vieillevigne, et un panneau rappelant le pouvoir subversif de la randonnée !

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24 mars 2016

Nous quittons Nantes, après 6 jours de rencontres et de randonnées urbaines. Nous reprenons la route : 20 km au programme, pour nous emmener vers Le Bignon, en traversant l’Ile de Nantes, puis en suivant la Sèvre, pour finir plein sud.ParcoursDSC02410

 

Ville de Vertou, Territoire Participatif

En traversant VDSC02411ertou, partout, sur le macadam, ou sur d’immenses affiches, des invitations à participer à une réflexion citoyenne “Quelle Sèvre voulons-nous ?”. Il faut dire que la rivière est belle, son histoire riche, et les zones humides aux abords de ses berges entretenues avec une préoccupation écologique remarquable.

Souhaitons à Vertou de réussir cette démarche de co-construction et aux habitants d’en profiter pour participer ainsi à leur appropriation du territoire.

Contraste écologique

En longeant la Sèvre pour quitter Nantes, nous sommes impressionné par la gestion écologique de l’espace, avec la mise en valeur et la préservation des zones humides, la protection de la biodiversité et l’usage de pratiques agricoles ancestrales et adaptées au milieu.

Quelques kilomètre plus loin, nous traversons le vignoble Nantais. Au pied des ceps de vigne et entre les rangs, pas une herbe, ou alors quelques bruns jaunis, preuve d’un désherbage chimique. Selon les informations que nous glanons, le désherbage chimique total est pratiqué à 70% dans le vignoble nantais.

Le décalage est important. D’un côté une gestion intelligente de l’espace communs, de l’autre une gestion productiviste qui semble dépassée. Comme l’électeur a fait bouger le politique, le consommateur peut faire bouger les producteurs pour faire évoluer leurs itinéraires de culture.

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23 mars 2016

Les Artisans du Changement

Lundi, retour au Solilab de Nantes. Nous y rencontrons 5 Artisans du Changement : Un cluster d’entreprises (pour la plupart des TPE) qui conjuguent leurs talents pour accompagner la transition des organisations vers l’agilité, la créativité, la valorisation des talents.

L’expérience nous intéresse : par nature, le “consultant” est relativement indépendant. Comment des fortes personnalités parviennent-elles à coopérer entre elles ? Dans quel but ? A quel prix ?…

Nos échanges avec les artisans vous nourrir nos travaux sur plusieurs des domaines implicites qui sous-tendent la coopération, et particulièrement :

  • le lien entre la quête intérieure de chacun d’entre nous  vers ce qui nous permet de nous épanouir et les engagements extérieurs que nous prenons pour y répondre. Les forces de ce lien, mais également ses limites,
  • la question de l’apprentissage et de la transmission. Coopérer, s’est grandir soi-même, et permettre à l’autre de grandir également. Cela nous amènera à creuser la question de la position des acteurs de la coopération (position haute, position basse, position neutre…), et de l’impact de son propre positionnement sur le positionnement de l’autre,
  • la nécessité de régulation des équilibres entre des forces contradictoires, pour faire durer le collectif. Par exemple, entre curiosité et stabilité, entre développement endogène et exogène,  ou entre changement et continuité.

Nous n’avons pas pu passer tout le temps nécessaire à notre protocole pour aller au bout des échanges. Du coup, nous ne prenons pas le temps pour faire la petite vidéo de clôture. Affaire à suivre 😉

22 mars 2016

Deuxième journée de randonnée urbaine dans Nantes. Cette fois-ci, c’est plutôt vers l’île de Nantes que nos pas nous emmènent. Le coup de cœur pour la ville que nous avions éprouvé le 18 mars se confirme…

Nantes, qui sait marier l’histoire et la modernité :

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Nantes, la facétieuse :

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Nantes, l’écolo :

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Nantes, la responsable, qui regarde son histoire en face :

21 mars 2016

Monnaie Locale: le Retz’l

C’est notre 10ème rencontre, et aujourd’hui nous sommes avec les acteurs de la Monnaie Locale Complémentaire du Pays de Retz : le Retz’l, qu’il faut (bien sûr), prononcer “Réel”. Dans notre itinérance, il était fondamental pour nous de traiter au moins une monnaie locale, tant ce type de projet peut-être “transformationnel”, par son caractère systémique d’une part, et son capacité d’émancipation, puisque qu’il permet à chaque citoyen de se réapproprier la monnaie et, d’une manière plus large, l’économie.

Une fois de plus, la journée fut très riche en apprentissage, avec des thèmes majeurs tels que :

  • la question du changement d’échelle, du passage de l’initiative marginale au décollage d’une initiative de mise en mouvement d’un territoire,
  • la manière d’amener chez l’autre, une prise de conscience et un changement d’attitude (mettre en mouvement, plutôt que convaincre),
  • l’équilibre entre ambitions des objectifs, et capacité à associer un grand nombre d’acteurs (et ainsi, de manière sous-jacentes, la question de la priorisation des objectifs),
  • la distinction entre objectifs (faire une monnaie locale qui circule) et les finalités (animer le territoire, transformer les pratiques de consommation et le rapport à l’économie), et la manière de piloter les objectifs sans perdre des yeux la finalité.

20 mars 2016

Le Clos d’Emile

Ce dimanche, nous faisons une petite escapade à 35km de Nantes, du côté de Bouvron, pour rencontrer les habitants (et futurs habitants) du Clos d’Emile, un éco-hameau en zone rurale. Le projet est de partager un lieu entre des personnes et des familles, motivées par l’esprit du projet pour en faire un lieu de vie convivial, solidaire, tout en respectant l’intimité de chacun, sain et économe en énergie. 6 foyers y réside, et nous rencontrons 4 d’entre eux.

Comme toujours dans les expériences d’habitat participatif, nous y trouvons une grande maturité relationnelle entre les habitants. L’expérience coopérative étant au cœur de la vie de chacun, elle implique une pratique sans cesse renouvelée de l’écoute de l’autre, du respect et de la tolérance, de l’expression de ses propres attentes et besoins.

Cette journée est très agréable, et très riche pour nous. Nous y puisons notamment des enseignements sur :

  • la place de l’humour dans l’aventure collective
  • le rapport entre Faire et Etre, et comment le Faire Ensemble permet à l’Etre de grandir
  • le lien entre écologie (au sens large : respect des autres et de mon environnement), et l’écologie intérieure (respect de soi-même).

L’échange est riche, et le temps passe vite. Trop vite, car nous sommes attendus sur Nantes en soirée, et nous nous quittons sans faire la petite vidéo de clôture de nos rencontres… Il faudra donc revenir, et ce sera un véritable plaisir.

Le soir, nous retrouvons les acteurs du Retz’l, la monnaie locale complémentaire du Pays de Retz, en prologue à notre rencontre du 21 mars. Nous dinons sur l’île de Nantes, à l’épicerie-restaurant locavore A Contretemps, où Carole et Philippe nous accueillent avec un immense sourire tellement chaleureux. Un lieu  authentique, une aventure “humano-gustative”, une exigence quant aux produits et à l’éthique (proximité, qualité). Ici, on paye bien sûr en Retz’l. Mais plus qu’un restaurant, A Contretemps fabrique du lien, et ça, ça n’a pas de prix ! Allez-y y faire un tour : https://www.facebook.com/a.contre.temps.

La Mouette Cuisine

Stéphanie Magouët, que nous avons rencontrée lors de notre rencontre à Coopworking (voir rencontre du 18 mars), tient un blog : La Mouette Cuisine. En rentrant le soir, nous découvrons son dernier article, où elle évoque le passage de l’Observatoire de l’Implicite, sous le titre “l’Invention d’une vie” et un sous-titre “Quand tu penses toucher de l’inox… et que tu croises de la chair… “. Coup de cœur. Merci Stéphanie.

19 mars 2016

Depuis 2 jours déjà, nous sommes à Nantes. Coup de cœur pour cette ville qui a vraiment un temps d’avance. Sa culture coopérative nous avait déjà attirés. Son anti-conformisme nous séduit.

Nantes nous apparaît malicieuse, audacieuse, facétieuse, et  poétique, que ce soit pour ses champs en ville, son mur tombé du ciel, ses  bancs processionnaires qui ne se nourrissent désormais que des émotions des amoureux, ses bancs géants ou déformés, son terrain de football déformé qu’un miroir déformant remet droit, son usine LU transformée en Lieu Unique, ou ses fourmis qui escaladent le Muséum d’Histoire Naturelle…

Petit diaporama de notre randonnée urbaine en centre-ville.

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18 mars 2016

Coopworking, cuisine partagée

Coopworking, c’est une cuisine partagée située dans le quartier de Preux à St Herblain. Cet espace d’expérimentation allie laboratoire aux normes et boutique, pour des activités de type transformation alimentaire et traiteur pour des TPE, auto-entrepreneurs et associations, et notamment pour les femmes des quartiers qui souhaitent valoriser leurs talents culinaires.

L’Observatoire de l’Implicite s’y est arrêté le 18 mars 2016. Au menu des échanges notamment:

  • la question de savoir reconnaître la justesse d’une initiative, pour soi et pour les autres,
  • la question des objectifs : quand les motivations et l’action des acteurs dépassent le projet en lui-même.

17 mars 2016

Les Cré’Alters

L’association Les Cré’Alters a pour objectif de valoriser et mettre en relation les « créateurs d’alternatives », Agriculture urbaine, écoconstruction, réemploi, monnaies locales, ces réalisations concrètes ont pour point commun de proposer des solutions innovantes répondant aux défis environnementaux, sociaux, économiques et démocratiques actuels. Les Cré’Alters ont passé une journée avec l’Observatoire de l’Implicite. Au menu des échanges notamment:

  • la question du “Je” et du “Nous’ dans le projet,
  • la question du “Lutter Contre” et du “Aller vers”,
  • le lien entre transformation personnelle et transformation sociale.

Petite vidéo de clôture de la journée :

16 mars 2016

LaDSC02318 sobriété heureuse en architecture. Le style roman, simple et dépouillé de l’église de Mouzeil.

MDSC02320ais qu’est ce qu’ils ont tous ! A Angers, c’étaient des tulipes géantes qu’ils faisaient pousser sur le rond-point. A Ligné, ce sont des crayons géants…

Une journée dédiée à la marche. 18km de Trans-sur-Erdre à Saint-Mars-du-Désert, en empruntant pour partie la voie verte, installée sur l’ancienne ligne de chemin de fer. Déjeuner très agréable à La Capanna à Ligné, et arrivée tranquille en milieu d’après-midi : cela nous laisse un peu de temps pour écrire.

Parcours

15 mars 2016

Eoliennes en Pays d’Ancenis

Teillé, Loire-Atlantique. Rencontre avec “Éoliennes en Pays d’Ancenis”. Bénéficiant de l’expérience et des travaux de EPV (voir la rencontre du 14 mars), l’équipe lance un projet de parc éolien citoyen sur les communes de Teillé et Trans-sur-Erdre. A ce jour, plus de 600 citoyens ont souscrit au projet qui vise à produire l’énergie nécessaire à 30000 habitants. L’idée est d’allouer une partie des revenus d’exploitation à l’accompagnement de la transition énergétique, ou à des actions d’éducation.

Avec EOLA, nous creusons des questions essentielles comme:

  • la construction de la confiance,
  • la durée de l’engagement,
  • ou la puissance de transformer une motivation “de réaction” (lutter contre l’énergie nucléaire ou fossile) en une motivation “de construction” : aller vers une énergie alternative.

Après nos échanges avec EOLA, nous reprenons la route à pied. Nous avons bien besoin, après 3 jours de rencontres, d’un temps de marche pour laisser décanter toutes les informations et les réflexions des derniers jours. Après 2 petites heures, et 9 kms, nous arrivons à Trans-sur-Erdre, en étant passé tout près du lieu futur d’implantation des éoliennes.

Parcours

14 mars 2016

Eoliennes en Pays de Vilaine

Redon, Ile-et-Vilaine. Rencontre avec “Éoliennes en Pays de Vilaine”, une équipe de pionniers qui ont mis en œuvre le premier parc Éolien Citoyen en France. Ici, 1000 citoyens investissent dans un projet local de production d’énergie renouvelable. Les éoliennes tournent, mais EPV ne s’arrête pas là et accompagne d’autres collectifs dans des initiatives similaires.

Nous tirons de nos échanges beaucoup d’enseignements sur les questions de responsabilisation, de contagion et d’essaimage. Affaire à suivre !

Dans la petite vidéo de clôture, Jean-Christophe présente EPV, et nous apprécions la justesse du témoignage de Jacqueline, totalement en phase avec la démarche de l’Observatoire de l’Implicite.

13 mars 2016

Pour un Habitat Différent

Notre journée est dédiée à la rencontre de 8 des habitants de “Habitat Différent“, une initiative d’habitat participatif née en début des années 80. Cet échange est pour nous très intéressant, car un recul de 30 ans sur la coopération est une expérience précieuse. Qui plus est, la coopération en matière d’habitat touche tellement notre vie quotidienne, notre sphère intime, que nous pensons trouver dans ces expériences une attention particulière

  • à l’écologie du projet (au sens du respect de soi-même et des autres qui composent notre environnement),
  • à l’humanité des relations,
  • au savoir-penser et vivre ensemble.

Effectivement, la journée fut extrêmement riche. Le côté très studieux de ces deux photos ne reflète pas leur convivialité, mais la profondeur des échanges et des réflexions.

Et bien sûr, nous ne pouvions pas ne pas tourner la petite vidéo de clôture dans le jardin partagé…

Sauf que le bruit du vent emporte le timbre des voix, et qu’il faudra un peu de temps pour restaurer la bande-son. Ça, on ne sait pas le faire en marchant !

Mise à jour du 19 mars : Une journée de repos sur Nantes nous permet de bricoler la vidéo pour qu’elle soit au moins audible, même si la prise de son est mauvaise :

Exception qui confirme la règle : c’est en train que nous allons à Redon en quittant nos amis d’Habitat Différent. Au début de notre projet, nous avions peur de manquer d’interlocuteurs… Nous avions peur que certaines structures contactées ne répondent pas à notre invitation, ou que leurs acteurs ne souhaitent pas dédier le temps que nous demandions, ou que… ou que… En clair, les peurs de Patrick l’ont amené à charger un peu le programme. Quelques semaines plus tard, toutes les rencontres prévues étaient confirmées ! Seule solution pour respecter nos engagements : faire un Angers-Redon-Ancenis en train, et déroger à notre principe de lenteur. Mot-dièse : #Enseignement 🙂

12 mars 2016

Sentir, avant de comprendre

Randonnée urbaine dans la ville d’Angers.  Nous y apprécions une mise en valeur du patrimoine architectural de la ville. Petite série avec la Maison Bleue et sa façade de céramique, les superbes reflets du Musée des Beaux-Arts dans la bibliothèque, ou les ornements de la Maison d’Adam.

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DSC02294Cette phrase de l’architecte en charge de la rénovation de la collégiale Saint Martin d’Angers ne passe pas inaperçue dans notre randonnée vers l’implicite. Sentir avec de comprendre.

Elle met en mot, à sa manière, ce qu’Edgar Morin distingue entre la compréhension intellectuelle des choses, et la compréhension humaine, dans toutes ses facettes.

Que ce soit en architecture, en animation des territoires, ou dans la coopération, la part de l’implicite est essentielle et déterminante.

Apprenons à la saisir et à en tenir compte !

DSC02266Entre deux rencontres sur Angers, une longue matinée de travail pour clarifier nos idées, consolider certaines réflexions, et élaborer les premières pistes de principes d’action.

Puis, départ pour une randonnée urbaine dans la ville…

Géographie Subjective

DSC02259Lors de notre passage à l’EcoQuartier Les Prés, dans les Hauts de Saint Aubin, nous avons découvert affichée au mur, une “carte subjective”. L’idée nous a immédiatement séduite : Tracer, collectivement, une géographie subjective de notre territoire de vie est une manière de faire surgir l’implicite de nos territoires.

“Catherine Jourdan, psychologue et artiste documentaire mène depuis plusieurs années un projet documentaire cartographique. Son nom ? La géographie subjective. Presque un pléonasme mais n’entrons pas tout de suite dans le débat, car nous pourrions chercher longtemps une carte dite objective. Il s’agit de donner ses heures de gloire à une géographie sensible, parfaitement exacte et inexacte, buissonnière, singulière et collective et de la rendre publique par le biais d’une carte papier. Une carte subjective est une carte d’un lieu élaborée par un groupe éphémère d’habitants et ne s’autorisant que d’elle-même. […] Une carte dite subjective tente le geste d’attraper la vision qu’a une personne ou un groupe d’habitants d’un morceau de territoire à un temps t. On l’aura compris, elle n’existe que par les mots et les dessins de celui ou celle qui se risque au geste de cartographier selon son vécu. Sur cette page inaugurée, on trouve donc des souvenirs, des histoires, des apories, des idées hâtives : tout ce qui fait l’humus de notre regard singulier et collectif. Les cartes réalisées fictionnent autant qu’elles décrivent. Mais n’a t-on pas toujours besoin de fictionner le réel pour pouvoir penser ? Le réel tout seul, parlerait-il ?”Extrait du site 'Geographie Subjective'.
Nous voyons dans cette approche, des convergences évidentes avec l’Observatoire de l’Implicite. Peut-être que nos chemins se croiseront-ils un jour.

11 mars 2016

Ecoquartier Les Prés

Troisième rencontre de l’Observatoire de l’Implicite, avec les acteurs de l’EcoQuartier Les Prés, à Angers, une initiative d’habitat participatif, dans une démarche de matériaux sains, bio-climatique, et à la recherche d’une harmonie entre voisins.

10 mars 2016

Déjà une semaine que l’Observatoire est en route. Courte étape aujourd’hui pour revenir vers Angers. A pied de Varades à Ingrandes (12km), puis en TER jusqu’à Angers pour retrouver en soirée, les adhérents de l’association “Les Prés”, à l’origine d’un éco-quartier (https://ecoquartierlespres.wordpress.com/).

Parcours

Clin d’œil aux tenants de la crêperie La Galerie, à Ingrandes-sur-Loire. Une très bonne galette à l’andouille, et un échange trop court (l’inconvénient du train et des horaires… Décidément, la marche, c’est mieux) avec les autres clients !

Paysage et Coopération, l’impact des inondations

Lorsque nous avons choisi notre démarche de randonnée pédestre pour mener les itinérance de l’Observation de l’Implicite, notre intuition était que les paysages influaient sur les pratiques coopératives de leurs habitants.

DSC02246Un exemple : La vallée de la Loire comprend de nombreuses prairies alluviales situées dans le lit majeur de la Loire, c’est-à-dire l’espace occupé par le fleuve lorsqu’il est en crue. Ces prairies, inondées tous les ans, étaient souvent la propriété des communes, qui les mettaient à la disposition des éleveurs locaux, qui géraient alors en commun cet espace partagé.

Ce faisant, les habitants de ces territoires développaient des compétences particulières pour gérer collectivement l’espace commun. On peut facilement imaginer que ces compétences, savoir-être et savoir-faire, deviennent des compétences inconscientes : ceux qui les exercent s’appuient dessus sans même en avoir conscience. Sans elles, d’autres territoires pourraient avoir des difficultés à gérer collectivement un espace commun, ce qui semble ici, une question assez naturelle.

DSC02257En plein travail, dans le studio que Lise a mis à notre disposition, pour nos 3 jours à Angers.

9 mars 2016

5ème étape de marche. 23 km entre Drain et Varades, le long de la Loire, de ses bras, et de ses inondations.

Parcours

Introspection

DSC02230Après notre 2ème rencontre (avec l’épicerie Envie de Saveurs, puis avec l’Arbre Bleu), nous voyons l’intérêt de notre approche de lente itinérance. Les 2 journées de marche qui suivent la rencontre des acteurs amènent d’abord une décantation des échanges, puis une réflexion intérieure, une sorte d’introspection qui permet de relire les échanges pour faire apparaître les signes des dynamiques coopératives ou au contraire des effets parfois contre-productifs, ou des effets non voulus. Puis le temps de l’échange et du croisement de nos regards, celui de la psychologue humaniste et celui du praticien cartésien fait apparaître les causes profondes à l’origine de ces signes.

Nous ne sommes qu’au début du 1er voyage mais déjà, nous savons que la moisson sera riche, et que les enseignements de ces itinérances seront déterminant pour comprendre ce qui se cache “derrière la coopération”.

La Loire, sortie de son lit. Elle inonde le GR3 et nous oblige à monter sur le talus et longer la ligne de chemin de fer sur quelques centaines de mètres. Heureusement, c’est sans risque aujourd’hui : la grève fait que 9 trains sur 10 sont à l’arrêt 😉

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8 mars 2016

L’arbre bleu

Deuxième rencontre de l’Observatoire de l’Implicite, avec les acteurs de l’Arbre Bleu, un espace d’innovation sociale, économique et solidaire, à Drain, en Maine-et-Loire.

7 mars 2016

Quatrième étape. 23 km dans la Suisse Angevine, sur les pas de Joachim du Bellay, et dans les vignes d’Anjou et des Coteaux d’Ancenis.

Parcours

Joachim Du Bellay et Edgar Morin

Petit clin d’œil à ‘la pensée complexe’ chère à Edgar Morin et chère à l’InsTerCoop : la connaissance d’une partie est insuffisante sans la connaissance du tout dans lequel elle s’inscrit. De même, la connaissance du tout est ‘pauvre’ sans la connaissance des parties…

Nous en avons eu une belle illustration en traversant Liré, la ville natale de Joachim du Bellay : des panneaux avec 2 ou 3 vers extraits des ‘Regrets’ sillonnent le village, il y a également un musée dédié au poète. Nous en apprécions la lecture sur notre passage et avons entre nous quelques commentaires suggérés par celle-ci, nous nous faisons une idée plus précise de J. du Bellay.

Mais notre priorité très terre-à-terre du moment reste de trouver une supérette car nous manquons de réserves et n’avons pu déjeuner à midi. Arrivée à la Supérette, la déconvenue est grande de voir qu’elle ouvre 50 mn plus tard.

C’est en fait une chance car nous décidons de retourner au Musée JDB et c’est avec bonheur que nous découvrons l’ensemble de la vie du poète et que nos réflexions précédentes s’en trouvent enrichies voire corrigées par ce que nous découvrons.

Encore une fois, tout montre que la vision globale et la vision spécifique sont indissociables pour élargir la compréhension des choses… Et cerise sur le gâteau, l’imprévu recèle de possibilités, à condition d’envisager ce qu’il permet d’en faire.

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DSC02215Séquence culture générale : Nous étions loin d’imaginer que l’une de nos polices de caractères préférée, Garamond, datait du XVIème siècle…

DSC02210Empilage. Dans une société de consommation, il est bien normal d’être encombré par des empilages d’objets inutiles. Dans notre périple sur l’implicite, comment ne pas faire le lien avec l’empilage de toutes nos croyances inutiles, qui vont faire obstacle à nos projets de coopération…

La Suisse Angevine. Quelques pas plus loin, nous pourrions être en Lot-et-Garonne: retenues collinaires, vergers et filets para-grêle. Mais la conduite des pommiers est différente. Quant à la vigne, elle est basse par ici.

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Entraide, Partage, Amitié… Une belle création des enfants de l’école de Drain. Dans toutes les écoles de France, nos enfants ont réalisé des fresques semblables.

Qu’en faisons-nous, une fois atteint l’âge adulte ?… Or, c’est justement à cet âge là que nous pourrions en faire quelque chose.

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6 mars 2016

Troisième étape. 19 km dans les Mauges.

Etape3

Samuel et Jean-Marie : Coopér-acteurs

PortraitPoupinNous avons rencontré Samuel Poupin, paysan boulanger, qui fournit notamment l’épicerie Envie de Saveurs. Il cultive son blé, produit sa farine, boulange son pain et le vend directement au consommateur. A chaque étape de son travail, Samuel coopère avec d’autres. Pour les semences, il participe aux réseaux d’échange pour étudier et retrouver les variétés adaptées au terroir et à ses besoins de boulangerie. Pour l’usage de machines agricoles, il s’investit dans sa CUMA. Celle-ci réunit à la fois des paysans bio et des paysans conventionnels, ce qui implique de fixer des règles communes pour que chacun respecte le choix de l’autre et planifie les récoltes pour respecter les contraintes de tous. En termes de foncier, il travaille avec d’autres agriculteurs en mutualisant leurs surfaces pour permettre une rotation des cultures optimales. Enfin il est au cœur d’un réseau d’échange entre voisins : il donne la paille à l’éleveur qui lui retourne du fumier, récupère les fagots issus de la taille des arbres du bocage pour chauffer son four… Silencieusement, sans tambour ni trompette, c’est un véritable réseau d’économie circulaire qui se met en place, fondé sur la confiance, l’appréciation mutuelle et la coopération.

Jean-MarieDans la ferme de Jean-Marie Bretault, on produit du lait et des produits laitiers depuis plusieurs décennies déjà. A l’époque, l’idée était de livrer à domicile chaque client tous les matins. Depuis, l’exode rural s’est accéléré, la mobilité s’est accrue, les petits commerces ont désertés les petites communes, les grandes surfaces sont devenues incontournables… Les services publics sont souvent partis. Il ne reste plus que La Poste, et encore… Jean-Marie ? Il continue à livrer la bouteille de lait de la personne âgée, isolée dans un hameau perdu, et ce, 2 fois par semaine. Un coup de chapeau à sa persévérance et à la priorité qu’il continue de donner à la rencontre avec l’autre.

PatriciaNous savions que la marche et la lenteur étaient importantes pour se laisser imprégner par le territoire, pour le ressentir, pour le comprendre. Nous avons également opté pour l’hébergement chez l’habitant via AirBnB. Outre les rencontres, dont certaines sont de véritables cadeaux, nous découvrons dans ce partage un autre élément indispensable à la compréhension du territoire : Vivre chez les gens, les écouter nous parler de leur région, les écouter réagir à nos observations, les compléter, les modérer… Tout cela participe à notre effort de mise en lumière de l’implicite. Nous n’avions pas forcement perçu cela avant de partir, et c’est déjà la première bonne surprise de notre itinérance. Un clin d’oeil à Patricia, notre hôtesse, avec Régis, ces deux derniers jours.

5 mars 2016

Envie de Saveurs

Notre première rencontre est avec l’équipe d’Envie de Saveurs, une épicerie associative installée à La Pommeraye. Elle répond à plusieurs objectifs : commercialiser des produits en circuit-court, issus d’une agriculture responsable, locale ou biologique, et recréer un espace de liens en centre-bourg.

Avec l’équipe, nous explorons plusieurs sujets clés, notamment :

  • la question de la mobilisation “contre un projet” ou “pour une alternative”
  • la question des indicateurs, particulièrement dans un contexte ou plusieurs objectifs coexistent
  • la question de la mobilisation des acteurs dans un environnement systémique.

Pour cette première rencontre, notre vidéo de clôture ne fonctionnera pas… Sans doute aurait-il fallu appuyer sur le bouton “Enregistrement Vidéo” plutôt que sur celui “Photos”…

4 mars 2016

Deuxième étape. 17 km entre Loire, Louet et Layon.

Etape2

DSC02194Voilà une pancarte qui n’a rien d’implicite… Seulement, la pancarte “Pont démonté” était posée en bordure de cette route, dont la seule issue était justement le pont, 1 km seulement avant le pont. Seule solution : repartir en arrière, refaire les 4 km que nous venions de faire, repasser devant notre point de départ, et traverser le Louet par le pont de Rochefort.

Comme quoi, même un message explicite n’a vraiment de sens que s’il est perçu au bon moment.

Douceur Angevine #2 : Nous levons le pouce pour refaire notre retard après la péripétie du pont démonté. Une voiture plus tard, la conductrice s’arrête et nous prend. Elle a une guitare sur le siège arrière. Elle nous dépose 1,5 km plus loin. Nous levons le pouce à nouveau, et 1 voiture plus tard, une autre conductrice s’arrête à nouveau. Elle a une guitare dans la malle arrière.

La musique adoucit les moeurs dit-on. La musique contribue-t-elle à la douceur angevine ?

 

Accueil #2 : Une femme rencontré aujourd’hui (celle à la guitare dans la malle arrière), nous explique être Champenoise et s’être installée en Anjou car, maman d’un enfant handicapé, elle avait trouvé ici de nombreuses possibilités qui n’existaient pas ailleurs.

Hier, c’était l’accueil des gens du voyages que nous avions noté. Serions-nous dans une terre où la différence s’accueille mieux qu’ailleurs ?

DSC02189L’eau, omniprésente. Des marques rappellent les inondations de la Loire. Ici, c’est le Layon qui est sorti de son lit. La Loire est le seul fleuve libre d’Europe. On dirait que les gens considèrent comme normal qu’elle sorte de son lit, s’étale et recouvre les prairies, et reparte plus tard. Paisible acceptation des événements qui ne dépendant pas de nous.

 

 

 

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DSC02191Impressionnante glycine, qui semble prendre racine dans le béton.

 

3 mars 2016

Première étape. 19 km le long de la Maine et de la Loire.

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DSC02183Quand même les bateaux coopèrent…

“De la rive on peut observer les trains de bateaux remontant le fleuve, se suivant de la plus grande à la plus petite voilure pour ne pas couper le vent au bateau précédent.”

 

La Maine et la Loire

Dès nos premiers pas, l’évocation par Joachim du Bellay de la douceur Angevine nous revient en mémoire. Sans chercher à la comprendre, nous laissons cette quiétude entrer en nous. Nous verrons ce qu’elle fera résonner.

“Plus me plaist  le séjour qu’ont basty mes ayeux
Que des palais romains le front audacieux
Plus que le marbre dur me plaist l’ardoise fine,
Plus mon Loire Gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Lyré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin, la doulceur Angevine”

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Premier contact avec Angers. La Gare annonce la couleur : Première grande ville de France où il fait bon vivre. Et il est assez facile d’y croire au regard de cette superbe sculpture.

Est-ce un hasard, si quelques hectomètres plus loin, alors que nous cheminons sur la rive droite de la Maine, nous voyons, encore en pleine ville, sur les quais de la rivière, la zone d’accueil pour les gens du voyage ?

Accueil et bon vivre sont-il liés ?

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3 mars 2016, 8h54 Gare Montparnasse, Paris : L’aventure commence ! C’est vrai que c’est plutôt inhabituel de partir “travailler” avec un sac à dos. Cela nous évoque ce que Albert Jacquart disait dans une série d’entretien sur le travail. Ce que nous allons faire n’est pas un “travail” à proprement parler, mais plutôt une activité, utile pour nous, utile pour notre société, et dont l’exercice nécessitera sans doute des efforts, et nous apportera beaucoup de satisfaction.

commentaires sur “Journal de l’itinérance (1)

  1. ….cheminer en cheminant me semble rester encore à ce jour le moyen qui donne le maximum de sens. Ce temps nécessaire à toute chose pour être assimilée, et que chacun puisse ce les approprier….belle route et rencontre

  2. Belles rencontres dans un territoire qui ne manquent pas d’initiatives coopératives. Vous êtes passé à Teillé, sans doute le village ou vécut Bernard Lambert (décédé en 1984), syndicaliste paysan, à qui la Confédération paysanne doit beaucoup. Il fut député MRP à 27 ans et rejoins plus tard le PSU.
    Bien à vous
    Bernard

    1. Effectivement Bernard. Nous avons évoqué, lors de nos rencontre, son héritage sur le territoire.
      Amitiés,
      Patrick

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