Présentation de l'Observatoire de l'Implicite - Institut des Territoires Coopératifs Institut des Territoires Coopératifs

Présentation de l’Observatoire de l’Implicite

Ce en quoi nous croyons

Notre société de demain sera par nécessité plus coopérative que celle d’aujourd’hui. Partout, foisonnent des initiatives et innovations sociales ou territoriales, signes de dynamisme, de créativité, et d’un engagement citoyen pour développer une société du penser et agir ensemble.

Elles proposent des solutions nouvelles, durables et souvent plus efficaces que les solutions déjà existantes. Elles sont sociales dans leurs finalités comme dans leurs moyens : Qu’il s’agisse de jardin d’insertion, de ferme urbaine en permaculture, de monnaie locale complémentaire, d’habitat partagé, d’école inversée, de coopérative d’énergie, de réseau d’économie circulaire, de pôle territorial de coopération, de grappe d’entreprises… : toutes sont fondées sur de nouvelles relations, toutes sont fondées sur la coopération.

carte

Ce sur quoi nous souhaitons agir

Pour autant, la coopération n’est pas automatique: des projets aboutissent, d’autres patinent ou n’aboutissent jamais. Les rouages de la coopération sont encore mal observés, mal compris, et donc mal utilisés.

Ces initiatives ont du mal à se généraliser et à essaimer car elles sont difficilement reproductibles pour plusieurs raisons. D’abord, leurs facteurs de réussite sont le plus souvent implicites, les acteurs eux-mêmes mobilisant des ressources clés de façon inconsciente. Ensuite, ces ressources ne font pas nécessairement appel au champ de l’analyse rationnelle, mais d’autres formes d’intelligence (relationnelle, intuitive, émotionnelle, spatiale…) pour lesquelles les outils méthodologiques de repérage sont moins explorés et donc moins aboutis. Enfin, ces histoires s’inscrivent toujours dans une spécificité territoriale, elle-même difficile à appréhender.

Comprendre les rouages de la coopération nécessite de plonger au coeur des relations humaines, dans ce qu’elles ont d’invisible et d’implicite.

bandeau

Qu’est-ce que l’implicite

Nous avons tous essayé de reproduire la recette du plat préféré de nos grand-mères, et souvent, le résultat n’est pas aussi délicieux que le souvenir que nous en avons. La raison est simple: la cuisinière n’a pas tout dit dans la recette. Non qu’elle voulait cacher quoi que ce soit, mais simplement parceque sa manière de faire faisait partie d’elle, et qu’elle n’a pas pensé ou même su l’exprimer. C’est pareil pour la coopération : ce sont ces manières d’être et de faire, implicites, qui font la différence.

Qu’est-ce que l’Observatoire de l’Implicite

L’Observatoire de l’Implicite est une démarche d’itinérance, à la rencontre de ceux qui forgent le monde de demain et inventent des nouvelles manières de penser et vivre ensemble, pour repérer avec eux les ressources qu’ils ont su mobiliser.

L’Observatoire de l’Implicite vise, à partir d’initiatives innovantes réussies repérées sur un territoire cible, à :

  •    Mettre en lumière les facteurs clés de succès
  •    Les rendre explicites (« expliciter l’implicite »)
  •    Inventorier les bonnes pratiques
  •    Repérer les facteurs de reproductibilité ou d’essaimage

L’Observatoire de l’Implicite apporte à l’Institut des Territoires Coopératifs la matière nécessaire à la compréhension et à la modélisation ; à fin de reproduction réussie, de pollinisation et d’essaimage des innovations sociales et territoriales.

Comment ça “marche”

Aux 4 partis pris de l’Institut des Territoires Coopératifs, l’Observatoire ajoute 3 partis pris spécifiques, conditions sine-qua-non de sa réussite. Ils constituent des principes essentiels qui exigent une stricte observance :

Lente itinérance

La rencontre des acteurs des initiatives ciblées se fait au gré d’une randonnée à pied : Pour observer l’invisible, la lenteur est le premier atout. La marche permet de s’imprégner du territoire, matrice de l’action innovante. Elle donne le temps de la reliance entre les acteurs, celui de l’introspection nécessaire pour comprendre.

Co-développement

Nous sommes tous des sachant – apprenant. C’est l’échange qui permet de faire émerger les idées nouvelles et de faire avancer dans la compréhension des mécanismes de réussite. Le codéveloppement part de l’expérience plutôt que du savoir pour tirer enseignement de l’action. S’appuyant sur le groupe, il est l’opportunité d’un travail collectif qui va induire des apprentissages du « vivre ensemble », tout en contribuant au développement de l’autonomie de chacun.

Auto-observation

Dans notre Observatoire Itinérant, les observateurs sont à l’intérieur ! Comme c’est toujours celui qui est concerné par le sujet le mieux à même pour en parler, nous amenons les acteurs des initiatives à entrer en auto-observation de leur propre réussite. Nous avons mis au point une méthode de questionnement destinée à favoriser la mise en lumière du chemin pris pour réussir, et d’en éclairer les détours cachés, où se situent souvent les compétences déterminantes.

Communiquer, c’est mettre en commun, et mettre en commun, c’est l’acte qui nous constitue. Si l’on estime que cela est impossible, on refuse tout projet humain.Albert Jacquard

 

Exemple d'ItinéranceChaque année, l’Observatoire de l’Implicite rencontre les auteurs-acteurs de 35 à 40 initiatives d’innovation sociale ou territoriale. Tous les trimestres, l’Observatoire traverse en un mois une région française sur un parcours d’itinérance de 300 à 400 kilomètres. Ce tracé permet la rencontre, tous les 2 jours de marche, des auteurs-acteurs de 8 à 10 initiatives d’innovation sociale ou territoriale, lors d’une soirée et d’une journée d’échange selon un déroulement précis et structuré en 5 temps.protocole

Nous prenons d’abord le temps du lien, à l’occasion d’un repas pris ensemble le soir de notre arrivée. Puis, nous travaillons la journée du lendemain, suivant un protocole en 4 temps. D’abord, un temps pour que les acteurs puissent raconter l’histoire de leur initiative. Puis, un temps où nous les questionnons pour les amener à observer différemment leur propre histoire, afin d’en faire émerger les éléments implicites. Ensuite, nous croisons nos regards sur ce qui vient d’apparaître. Les points de vue de chacun des participants sont différents, et toujours complémentaires. Enfin, nous faisons ressortir nos apprentissages, tant du point de vue de l’Observatoire comme de celui des acteurs : comment prendre appui sur ceux-ci et continuer à progresser.

A quoi sert l’Observatoire de l’Implicite

Pour chacune des initiatives étudiées, il explicite les ingrédients essentiels à la réussite de la coopération. Comprendre comment certains s’y prennent pour réussir à changer la société autour d’eux est essentiel pour reproduire ce qui peut l’être, essaimer ces initiatives, les polliniser, en créer d’autres, et participer à l’émergence d’une société du vivre et penser ensemble. Ses travaux sont publiés et accessibles à tous, sous forme de communs, pour que chacun puisse être acteur de la transformation sociale.

Valeur Ajoutée

Suivant le principe de « codéveloppement », chaque partenaire associé à l’Observatoire de l’Implicite bénéficie de livrables particuliers lui permettant de poursuivre son développement.

Les acteurs des innovations visités par l’Observatoire bénéficient, via un questionnement spécifique, de la mise en lumière des trésors cachés (puisque implicites) de leur propre initiative. La conscientisation qui en résulte leur permet d’assoir la pérennité d’initiatives qui restent fragiles lorsque les facteurs de succès ne sont pas explicités. Le temps de rencontre est également organisé pour permettre aux membres de l’Institut de faire des apports méthodologiques destinés à faciliter le développement du projet.

En soutenant l’itinérance de l’Observatoire sur leur territoire, les acteurs institutionnels renforcent le potentiel transformationnel des initiatives portées par la société civile. Ils rendent possibles la modélisation des pratiques qui permettront le renforcement et la reproduction d’innovations sociales. Les travaux de l’Observatoire peuvent être également utilisés pour orienter l’action publique vers des dispositifs pragmatiques, sources de valeur territoriale.

L’Institut des Territoires Coopératifs enfin se nourrit de son Observatoire itinérant qui contribue à identifier les compétences qui feront levier pour le développement de l’innovation sociale, ainsi que les domaines sur lesquels les mécanismes de compréhension sont encore insuffisants et qui doivent faire l’objet de recherche-action spécifique.

Transmettre un savoir-faire c’est d’abord expliciter l’implicite

Anne Beauvillard a fait de la modélisation des savoir-faire ses travaux de recherche dans le cadre de son mémoire de Maître Praticien PNL. La technique de modélisation qu’elle a développée a été notamment utilisée pour accompagner la transmission de savoir-faire artisanal, comme celui d’un chocolatier, d’un graveur sur verre, ou d’un fraiseur dans l’aéronautique :

« Ce qui m’intéresse, c’est ce qui permet d’aller à la découverte de ce dont la personne ne parle pas. Pas qu’elle ne le voudrait pas mais parce qu’elle n’y a pas systématiquement accès de manière consciente. En quelque sorte, la face invisible de l’iceberg, l’implicite, et si je rapproche cela du cycle de l’apprentissage, l’inconscient compétent. Ce qui sous-tend l’expertise d’une personne, ce sont les valeurs, croyances, états internes, ce qui entraîne ses métaprogrammes puis ses stratégies mentales. Ce qui va au final engendrer ses comportements. »

Tags:

Les percées les plus passionnantes du XXIème siècle ne viendront pas de la technologie, mais d’une vision augmentée et élargie de ce que veut dire être un être humain» – John Naisbitt